Les cafés-concerts font du bruit pour leur survie

Les cafés-concerts font du bruit pour leur survie

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VIE NOCTURNE – Après une impressionnante série de fermetures et d'interdictions administratives temporaires, les gérants des cafés-concerts situé en dehors du périmètre de la charte de la vie nocturne dénonce un « harcèlement ». Une manifestation est prévue ce jeudi à Wazemmes.

"Arrêtons le massacre". C'est autour de ce slogan qu'un rassemblement est prévu ce jeudi à Wazemmes* pour soutenir les "bars concerts lillois en danger". Une autre manifestation autour du même thème avait déjà eu lieu à Lille en novembre dernier.

Il faut dire qu'en moins de deux ans, les fermetures, dont des institutions de la vie nocturne lilloise, se sont multipliées : Le Salsero, Le Djoloff, Le Détour ou encore La Chimère. D'autres sont en proie à des difficultés financières liées à des fermetures administratives. C'est le cas de l'Imposture, dans le quartier de Moulins, qui a rouvert le 7 mars après deux semaines d'interruption pour des "nuisances sonores."

Des "harcèlements"

Situé rue Henri Kolb à Wazemmes, le Viziteur - Resto Soleil a lui aussi reçu une lettre officielle prévoyant une fermeture temporaire pour "une issue obstruée" ou encore une "absence de goupilles sur des extincteurs." Encore sous le choc, Lahcen Guerroua, gérant de cette scène ouverte en 2001, dénonce des "harcèlements" dont sont victimes les cafés-concerts situés en dehors du secteur Masséna-Solférino ou de Saint-Sauveur : "En trois semaines, on m'a demandé quatre fois ma licence IV, soupire le gérant. Quand on ferme, on doit quand même payer ses charges et son personnel. Pour beaucoup, c'est impossible de s'en relever."

Selon les gérants mobilisés, la mairie de Lille n'accepterait plus d'activités bruyantes en dehors du périmètre défini par la charte de la vie nocturne. "Le patron du Carré VIP a gagné son procès, car la ville lui interdisait une dérogation d'ouvrir tard, mais il ne s'est jamais remis de sa fermeture administrative", ajoute Lahcen Guerroua.

Vers la fin des concerts ?

Organiser des concerts ? Fethi Guennadi, gérant du bar la Boulangerie, tout en haut de la rue des Postes, y a pensé quelque temps. Il a depuis renoncé. "Il faut au moins 6 000 euros pour réaliser une étude d'impact. Peu de gérants ont suffisamment de trésorerie, confie-t-il. Au lieu d'être sans cesse contrôlé, nous aimerions qu'on nous accompagne. Nous demandons de la justice culturelle et être traité au même titre que les bars situés dans le secteur de la charte de la vie nocturne. Si ça continue, plus personne ne pourra organiser des petits concerts !"

*A 19 heures, devant l'église du marché de Wazemmes.

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