Les commerçants lillois plébiscitent les loyers encadrés

FRANCE
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COMMERCE – L'annonce de Martine Aubry d'encadrer les loyers sur certains secteurs dans le cadre de l'expérimentation de la loi Alur fait réagir les commerçants lillois. Accablés par des explosions de leurs baux commerciaux, ils lancent un appel pour pouvoir en bénéficier.

C'est une bouffée d'oxygène pour les commerçants. La ville de Lille a obtenu l'aval du Premier ministre, Manuel Valls, pour bénéficier de l'encadrement des loyers prévus par la loi Alur. Car aujourd'hui, la capitale nordiste est reconnue comme la troisième ville la plus chère de France.

Conséquence, depuis maintenant plusieurs années, les commerçants lillois sont confrontés à des explosions de leurs baux commerciaux. Ceux de la rue Gambetta ont lancé une pétition l'année dernière à ce sujet. Ici, les augmentations réclamées peuvent être multipliées par trois ou même de 600% ! Ceux de la rue du Priez, près de la gare Lille-Flandres, sont aussi mobilisés depuis le mois d'août pour protester contre des hausses pouvant aller jusqu'à 30 %. 

Des loyers surcotés

"Il est nécessaire d'encadrer également les loyers commerciaux, indique à metronews Alain Flipo, responsable commerce. Aujourd'hui, ils sont largement surcotés. Les investisseurs misent sur la position géographique et le poids démographique de la métropole, mais ils oublient que notre région est l'une des plus pauvres de France. La consommation n'est pas au rendez-vous dans les comptes d'exploitation. C'est une expérience qui mérite d'être tentée, car il y a vraiment trop d'abus."

Même son de cloche de la part de Claude Sohet, président de la Fédération lilloise du commerce : "Certains commerçants ou artisans reversent parfois quasiment l'intégralité de leurs bénéfices pour payer ces prix mirobolants, glisse-t-il. Il faut rester raisonnable, en particulier dans l'hypercentre. Nous avons un besoin urgent de ce ballon d'oxygène !"

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