Les confidences de Benoist de Sinety, le prêtre qui a célébré les funérailles de Johnny

TÉMOIGNAGE - Il a célébré la cérémonie religieuse suivie par des millions de Français le 9 décembre dernier, en mémoire de Johnny Hallyday. Le père Benoist de Sinety a confié la vive émotion qu'il a aussi partagée dans les colonnes du Figaro.

Il est et restera la plus grande star du rock hexagonal. Quelque 15 millions de Français ont assisté, devant leur télévision, au dernier voyage de Johnny Hallyday, le 9 décembre dernier à l'église de la Madeleine. Johnny Hallyday, décédé trois jours plus tôt à l'âge de 74 ans d'un cancer des poumons, était aussi accompagné de près d'un million de personnes dans les rues de Paris, venues lui rendre un dernier hommage.


Le père Benoist de Sinety, qui a célébré la cérémonie funèbre, est revenu sur ce moment chargé en émotions lors d'une interview accordée à nos confrères du Figaro. "J'étais surtout ému de la foule. Je portais dans ma prière tous ceux qui étaient dehors et, parmi eux, les plus désemparés et les plus malheureux de cette disparition. Quant aux obsèques en elles-mêmes, j'ai essayé d'aider ceux qui y participaient à vivre le plus paisiblement possible ce moment", a ainsi relaté le vicaire général du diocèse de Paris.

Sous le signe de l'amour

Le père Benoist de Sinety dévoile ensuite les aspirations de la famille de l'interpète de "Requiem pour un fou" à propos de la  cérémonie : "La seule chose que je puisse dire est que le désir de la famille était que la célébration soit placée sous le signe de l'amour. Les textes ont été choisis selon ce critère de l'amour, car l'amour est Dieu et Dieu est amour. Pour le reste, c'était la liturgie catholique. L'enjeu était de permettre que cette liturgie puisse accueillir l'expression de l'artiste qu'était Johnny Hallyday."

La plupart de ses chansons ont des référentiels qui ne sont pas étrangers à la foi chrétienneLe père Benoist

Au terme de l'office, le prêtre a répété à trois reprises "Que je t'aime", célèbre titre du natif de Paris. "En priant et en réfléchissant, j'ai essayé de trouver les mots qui me paraissaient les plus justes. Le fait que Dieu puisse dire à celui qui l'accueille 'que je t'aime' est normal", explique-t-il.


"Sur la forme, c'est une chanson archi-connue de Johnny. Sur le fond, c'est la vision chrétienne d'un Dieu qui attend la réponse de l'Homme [...] La plupart de ses chansons ont des référentiels qui ne sont pas étrangers à la foi chrétienne et à l'aspiration profonde de l'homme en général", soutient encore le père Benoist, à propos de celui qui ne quittait jamais son pendentif mêlant une croix à une guitare.

L'homme d'église a aussi souligné la délicatesse dont a su faire preuve le président Macron pendant les obsèques du chanteur : celle de ne pas avoir fait de signe de croix afin de bénir le cercueil du défunt. "Il nous a évité une polémique inutile", s'est félicité père Benoist. 

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