Les cyclistes nantais sont-ils des dangers publics ?

FRANCE
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DEPLACEMENTS – D’après une étude, 97 % des Nantais déclarent avoir déjà commis une infraction à vélo. L’association Place au vélo dénonce un sondage "malhonnête intellectuellement", alors que des points noirs subsistent en ville sur la pratique du deux-roues.

A Nantes, les cyclistes sont-ils les nouveaux délinquants de la route? C’est en tout cas ce qui ressort d’une étude OpinionWay pour MMA : même si 64% des cyclistes se sentent plus en danger qu’avec un autre mode de transport, 80% admettent prendre "autant, voire plus de risques que lorsqu’ils sont motorisés" et 41% avouent moins respecter les règles de circulation. D’ailleurs, 97% des Nantais interrogés indiquent avoir déjà commis une infraction à vélo, comme circuler sur les trottoirs, tourner sans l’avoir signalé, passer à un stop ou un feu rouge sans s’arrêter.

D’après l’étude, ce manque de prudence est lié à un sentiment d’impunité : 57% des cyclistes ont l’impression de ne pas risquer d’amende et de ne pas mettre en danger les autres usagers de la route.

"Le code de la route n'est pas adapté aux vélos"

Les résultats de ce sondage font bondir l'association Place au vélo, qui dénonce une démarche "malhonnête intellectuellement" et fondée sur un échantillon non représentatif de 100 Nantais. Pour Daniel Daoulas, vice-président, si les cyclistes défient le code de la route, c’est que la ville n’est pas adaptée à la pratique du deux-roues . "Il n’est pas question d’excuser les comportements à risques, mais ils peuvent s’expliquer par le fait que beaucoup de directives et règles sont faites pour les voitures." A l’inverse, dès que les infrastructures sont pensées pour ce mode de transport, "les règles sont respectées". "L’installation et le succès des 'tourne-à-droite', qui autorisent les cyclistes à passer au feu rouge quand il n’y a pas de mise en danger, le prouvent", poursuit Daniel Daoulas.

Le développement de la pratique à Nantes reste un "beau succès", pour Daniel Daoulas. "Les nouvelles voies cyclables, comme les axes nord-sud ou est-ouest, ont clairement incité les habitants à se lancer. Mais il faut continuer à être vigilant". Car il relève encore des points noirs, comme les rues de Strasbourg, le boulevard Dalby, les grands giratoires près du périphérique qui n’ont pas de voies réservées, ou encore les stationnements en épi. "Beaucoup d'endroits restent dangereux, il ne faut pas l'oublier."

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