Les demandes d’asile ont explosé en France en 2017

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MIGRANTS - Les demandes d'asile ont augmenté de 17% et franchi la barre des 100.000 en France l'an dernier. Un niveau "historique", indique l’Office français de protection des réfugiés et apatrides.

"Ce n'est pas un afflux massif", prend soin de préciser Pascal Brice, le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), établissement public actuellement placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. Mais sur l’ensemble de l’année 2017, la France a cependant enregistré plus de 100.000 demandes d’asile, soit une augmentation de 17% par rapport à 2016, pour atteindre un niveau "historique", toujours selon M. Brice.

C’est une surprise : le premier pays d’origine de ces demandeurs d’asile est l’Albanie, pourtant classé parmi les "pays d'origine sûre", avec 7.630 demandes enregistrées (sans compter les mineurs accompagnants). Une hausse de 66% pour ce seul pays, ce qui a conduit l’Ofpra à n’accorder sa protection qu’à 6,5% des demandeurs albanais.

Augmentation des pays d'Afrique de l'Ouest

À la 2e place du classement, on trouve l’Afghanistan, qui a représenté 5.987 demandes (+6%). Viennent ensuite les ressortissants d'Haïti (stable à 4.934 demandes), puis les Soudanais (-24% à 4.486), et les Guinéens, qui ont été 3.780 à solliciter l'asile (+62%).

Une vue plus large du "classement" permet enfin de noter que ce sont les pays d’Afrique de l’Ouest qui ont connu la plus forte augmentation de demandes pour la France, notamment la Côte d’Ivoire, dont le nombre a plus que doublé (3.243), mais aussi la République démocratique du Congo (+15% à 2.941) et l'Algérie (+24% à 2.456).

Toutefois, pour avoir une vision exhaustive des arrivées en France, il faut ajouter à ces chiffres ceux des migrants n'ayant pas encore déposé leur dossier à l'Ofpra. La première étape de la procédure se fait en effet dans les préfectures, qui examinent si les personnes relèvent d'un autre pays européen pour leur demande. Or, le "taux d'accord" (soit les demandeurs devenant réfugiés en France) a, lui, diminué, passant de 38% en 2016 à 36% l'an dernier, dont 27% accordés par l'Ofpra.

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