Les écoles d'Empalot veulent rester prioritaires

FRANCE

EDUCATION – La sortie du réseau d'éducation prioritaire de cinq écoles du quartier d'Empalot a réveillé la colère des parents et des enseignants. Ils craignent une détérioration des conditions d'enseignement.

Les écoles d'Empalot ne veulent pas sortir du réseau d'éducation prioritaire. Mercredi après-midi plus de 200 personnes munies de banderoles et de sifflets ont défilé dans les rues d'Empalot afin de réclamer le maintien des cinq écoles de ce quartier populaire du sud de Toulouse dans ce dispositif.

"On ne va plus pouvoir travailler dans de bonnes conditions, beaucoup de mes collègues vont demander à partir d'ici", regrette Christophe enseignant à l'école André-Daste depuis 2004. Avec ce redécoupage administratif imposé par le ministère et applicable à partir de la rentrée 2015, le secteur pourrait perdre le bénéfice de plusieurs mesures avantageuses : scolarisation des moins de trois ans, effectifs à 21 élèves dans le primaire et 27 en maternelle, attribution d'un poste d'enseignant supplémentaire...

Donner leur chance aux plus jeunes

"Des sorties extrascolaires sont souvent programmées, les instituteurs connaissent mieux les familles et il y a davantage de matériel dans les classes", énumère Mohamed, 41 ans, père de famille de trois enfants de 6, 8 et 10 ans. "Quand je vois les difficultés que rencontrent aujourd'hui les gamins de 14 ou 15 ans, je me dis qu'on doit leur donner toutes les chances de réussir dès le plus jeune âge", plaide-t-il.

Survêtement bleu du club de football du quartier sur les épaules, Laïd a déserté les terrains d'entraînement pour battre le pavé avec un groupe de gamins. Ces derniers crient à tue-tête "Empalot populaire, Empalot prioritaire". "Ce qui m'inquiète le plus, c'est la hausse des effectifs dans les classes, les conditions d'enseignement ne seront plus les mêmes", explique l'éducateur.

Dans le cortège, des parents et des enseignants de l'école Littré de Saint-Martin-du-Touch à l'ouest de Toulouse et qui devraient aussi faire les frais de la décision, ont rejoint la manifestation. L'annonce par le Rectorat du maintien des moyens humains et financiers pour l'année scolaire 2015-2016 ne les a pas rassurés. Un nouveau rassemblement est prévu le 20 novembre prochain.

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