Les habitants des Arènes disent "stop à la pression immobilière"

Les habitants des Arènes disent "stop à la pression immobilière"

COLÈRE - Lassés d’assister à la disparition des "Toulousaines" au profit de logements collectifs, les habitants du quartier Arènes Saint-Cyprien tapent du poing sur la table. Ils en appellent au maire pour mettre fin à la pression immobilière.

"Halte à la construction immobilière tous azimuts !" : c’est le message que souhaitent faire passer les habitants du quartier Arènes Saint-Cyprien à la municipalité. Etouffés par les logements collectifs qui poussent comme des champignons devant leurs fenêtres, ils ont lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 300 signatures et qu’ils remettront à Jean-Luc Moudenc vendredi, lors de l’inauguration du marché des Arènes.

"En peu de temps, ce sont plus de 400 logements qui sont sortis de terre sur la rue Cugnaux et l’allée Maurice-Sarrault, détaille Martine De Latte, membre du comité de quartier. Si on comprend la nécessité de construire du collectif pour accueillir les nouveaux habitants de la ville, notamment à proximité d’un pôle multimodal comme Arènes, on n’accepte pas que cela se fasse de façon non-maîtrisée, au détriment des conditions de vie des riverains."

Disparition du patrimoine

Les habitants regrettent en effet que ces nouveaux immeubles n’aient pas été accompagnés d’équipements, de services de proximité, d’espaces verts ou encore de cheminement doux. "Aujourd’hui, nous manquons d’espaces de rencontre et de places de stationnement, et la circulation est catastrophique", indique Martine De Latte qui s’alarme également de la disparition d’une partie du patrimoine du quartier avec la destruction des Toulousaines.

Une maison située à l’angle de la rue Cugnaux et de la rue Nungesser et Coli est d’ailleurs devenue le symbole du combat des habitants du quartier. Si elle a déjà échappé aux bulldozers à trois reprises, elle risque en effet de ne plus tenir le coup très longtemps. "Un quatrième projet, un immeuble de 18 logements, a été proposé, indique Martine De Latte. Cette fois, on sent que la municipalité est prête à céder en accordant le permis de construire."

D’autres faubourgs dans la même situation

Le propriétaire de la maison, quant à lui, aurait déjà baissé les armes depuis longtemps. "Les offres faites par des particuliers pour racheter la maison étaient forcément en-deçà de ce que proposait le promoteur, comment résister ?", se lamente Martine De Latte.

Pour les riverains, il est donc urgent de réagir pour préserver la mixité de l’habitat dans le quartier. "Autrement, dans dix ans, il n’y aura plus aucune maison et chacun vivra dans l’entre-soi. Il n’y aura plus de lien social", soutient Martine De Latte, qui affirme par ailleurs avoir le soutien "d’autres faubourgs de la ville", comme Bonnefoy , "qui se retrouvent aujourd’hui dans la même situation."

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