Les jeunes Niçois font leur devoir de mémoire

Les jeunes Niçois font leur devoir de mémoire

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Six cents collégiens des Alpes-Maritimes visitent encore cette année le camp d’Auschwitz-Birkenau. Eprouvant physiquement et moralement, ce voyage du souvenir, organisé par le Conseil Général des Alpes-Maritimes pour la 10e année consécutive, a marqué les esprits des jeunes azuréens.

"Où que l'on marche, il y a un cadavre". Le verdict lancé aux collégiens par Charles Gottlieb, survivant du camp d’Auschwitz-Birkenau, est terrifiant mais réaliste. L'homme de 88 ans est écouté, respecté par les jeunes Niçois qui l'entourent. Son témoignage leur ferait presque oublier les -10 degrés qu'affiche le mercure. "Se dire que des hommes et des femmes travaillaient en pyjama et sous-alimentés dans ces conditions c'est vraiment abominable" s'insurge Julie, élève de 3ème au collège Port-Lympia.

Si c'est un homme

La jeune fille et trois de ses copines ont été choisies pour déclamer le prologue de Si c'est un homme en version originale, lors d'une cérémonie de recueillement. À quelques heures de l'instant fatidique, Inès et Marpessa sont "un peu stressées" mais dégagent une certaine sérénité. Le moment venu, les quatre filles livrent une interprétation mi-récitée mi-théâtrale du chef-d’œuvre de Primo Levi devant leurs 200 camarades, des élus et deux rescapés des camps, Charles Gottlieb et Jean-Baptiste Canonici. Subjuguée par l'émotion, l'une d'entre elles, Salomé, verse même une larme que ses camarades ne tardent pas à venir lui essuyer.

"Atroce mais important"

L’environnement met les nerfs à rude épreuve. Des baraquements alignés dans un monde noir et blanc entouré de barbelés, Nuit et brouillard n’est pas loin Au camp d'Auschwitz 1, les baraquements font office de musée. Les visages sont marqués, les mines graves et les yeux humides devant les galeries de portraits, la montagne de chaussures ou encore l’océan de cheveux coupés. Des copines s'agrippent par le bras comme pour se soutenir quand d'autres observent, incrédules, les objets confisqués au 1,2 million de déportés passé par ici.

Pour Myriam, élève de 3ème au collège Ségurane de Nice, voir un four crématoire et une chambre à gaz est "choquant, atroce mais important pour qu'on explique aux autres ce qui s'est passé". Le même sentiment qu’éprouvent certains de ses camarades qui s'exclament "oh non pas ça !" en arrivant devant un mur où étaient exécutés d'une balle dans la nuque les prisonniers récalcitrants. Charles Gottlieb le martèle pour la 32ème fois en ces lieux : "plus JAMAIS ça !"

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