Les Lilas : prison avec sursis pour le policier qui avait frappé un homme à terre

Les Lilas : prison avec sursis pour le policier qui avait frappé un homme à terre

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JUSTICE - Le tribunal de Bobigny a décidé lundi 18 décembre de condamner à dix mois de prison avec sursis le policier filmé en train de frapper un homme à terre. Sa peine est assortie d'une interdiction d'exercer pendant deux ans. Il devra aussi verser 2500 euros au plaignant.

Dans la nuit du 26 au 27 mai 2017, devant une sandwicherie, Elvis a été "poussé par terre" par un policier "sans explication". Il dit avoir ensuite reçu des coups. Pour justifier son geste, le policier ciblé affirme qu'Elvis avait uriné sur la voiture et lui avait craché au visage.


Au moment des faits, un témoin filme la scène. Très vite, la vidéo amateur fait le tour des réseaux sociaux. On y voit le policier donner des coups de pied dans la tête de l'homme, au sol, sans que son collègue n'intervienne. Les images, violentes, déclenchent un tollé et la saisine de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). 

Il faut faire des vidéos, c'est ce qui ressort de cette audience.Louise Tort, avocate d'Elvis

À l'audience, le 20 novembre, le procureur avait requis un an de prison dont six mois fermes et cinq ans d'interdiction d'exercer pour ces violences aggravées. "J'ai honte", avait-il lancé, évoquant une affaire où "la police ne protège pas mais agresse". Le procureur avait également requis cinq ans d'interdiction d'exercer pour ces violences aggravées. Le collègue du policier, poursuivi pour non-assistance à personne en péril, a quant à lui été relaxé.


"J'aurais vraiment aimé qu'il y ait une peine exemplaire", a regretté Elvis en commentant le jugement, estimant que le tribunal avait été "clément" au moment de condamner un policier. Son avocate, Louise Tort, a fait part de son "sentiment mitigé" : d'un côté une condamnation,  mais de l'autre, en référence au policier resté immobile mais relaxé, une "espèce de corporatisme, de solidarité qui méritait d'être sanctionnée".

Les vidéos amateurs : preuve décisive dans les condamnations pour violences policières

Le tribunal a également rendu lundi sa décision dans une autre affaire de violences policières, impliquant un policier du commissariat des Lilas. Le fonctionnaire a été condamné à trois mois de prison avec sursis et à une interdiction d'exercer de deux mois pour avoir décoché deux coups de poing à un lycéen, qui se déplaçait avec des béquilles en raison d'un handicap, lors d'un contrôle en septembre 2016.


Le fonctionnaire avait alors expliqué avoir porté les coups par "réflexe" après avoir été agrippé par le jeune de 15 ans. "Le coup de poing n'est pas une technique de dégagement", a simplement commenté le tribunal, ce lundi. 

Ces deux dossiers illustrent le rôle des vidéos amateur dans les procédures de violences policières : l'affaire du lycéen avait été classée avant qu'une vidéo ne soit portée à la connaissance du parquet.

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