Les Marseillais boudent-ils les librairies ?

Les Marseillais boudent-ils les librairies ?

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CULTURE – Le site de vente en ligne Amazon.fr est formel : Marseille ne fait pas partie des dix premières villes françaises les plus amatrices de lecture. Mais alors : pas assez de lecteurs ou… pas assez de livres ?

Paris arrive en tête. La deuxième position est occupée par Boulogne-Billancourt, et la troisième par Lyon. Puis viennent Strasbourg, Nice et Montpellier. Ha ? Et toujours pas Marseille ? Poursuivons : Grenoble, Bordeaux, Toulouse… Et, en dixième position, Nancy. De Marseille, point.

Le site Amazon.fr a présenté son classement annuel "des villes françaises les plus amatrices de lecture" réalisé à partir des ventes de livres en version papier et électronique effectuées sur le site www.amazon.fr entre le 1er mars 2014 et le 31 mars 2015. Et, sombre constat, Marseille ne figure pas dans le top Ten.

"Pas la place pour d’autres grandes librairies"

Amazon.fr a même été dans l’incapacité de nous donner la position de la cité phocéenne ! Pas la peine d’insister, elle est sûrement reléguée loin derrière. Mais comment expliquer ce phénomène ? Les Marseillais lisent-ils moins qu'ailleurs ou, tout simplement, commandent-ils peu d’ouvrages sur Internet ?

Dax Rowling tient avec un compère la librairie Le Lièvre de Mars (21, rue des trois Mages, Ier) spécialisée en arts graphiques et dans les petites maisons d’éditions qui font du "bizarre" et du "beau". Il estime que, par rapport au nombre d’habitants, il y a peu de librairies dans la ville. "Les Marseillais ne lisent pas beaucoup ? Effectivement, je l’ai entendu dire, souligne-t-il. En tout cas, je ne pense pas qu’il y ait la place pour d’autres grandes librairies ici."

"Le livre fait partie des habitudes"

Le directeur de la librairie Maupetit (142, la Canebière, Ier) ne partage que partiellement cette analyse. Pour Damien Bouticourt, "les ventes de livres sur Internet sont importantes dans les villes où il y a beaucoup de librairies, car le livre fait partie des habitudes. Marseille n'en compte qu’une quinzaine alors que, par exemple, on en trouve quarante dans le XIe arrondissement de Paris."

Si les Marseillais achètent moins de livre, ce serait parce qu’ils sont moins sollicités qu’ailleurs. Il est vrai que l'on ne trouve pas de librairie dans de nombreux quartiers. Et certains de leurs habitants ne se rendent presque jamais sur la Canebière. "Ici, il vaut mieux travailler par maillage, estime Damien Bouticourt. Avoir deux, trois ou quatre librairies éparpillées dans la ville pour toucher plus de monde."

Maupetit applique cette politique : elle a ouvert, en partenariat avec la mairie de Marseille, des librairies au musée d’Histoire et à la Vieille Charité . "Une troisième ouvrira fin juin au musée Cantini ", précise le directeur. Voilà qui donne envie de feuilleter un bon bouquin…
 

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