Les moutons jouent les tondeuses à la Citadelle

Les moutons jouent les tondeuses à la Citadelle

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ENVIRONNEMENT – Pour la seconde année consécutive, le site de la Citadelle à Lille a opté pour un entretien de ses espaces verts des plus traditionnels : l’ "éco-pastoralisme" ou l’utilisation des moutons-brouteurs. Reportage.

Vingt-six moutons se baladent tranquillement sur le terrain militaire, pourtant classé secret défense, de la Citadelle . Ils sont paisibles, certains mangent, d’autres font la sieste. Leur mission : remplacer les tondeuses. La confrontation des deux mondes peut paraître paradoxale : d’un côté, on a un état-major avec des équipements de pointe et de l’autre, on voyage dans le temps avec une méthode ancestrale de pâturage.

Arrivés par la grande porte Royale le week-end dernier, ils se sentent chez eux et cohabitent sans aucune difficulté avec les résidents du lieu. "On ne les entend pas, confie un militaire, ce qui n’est pas le cas de la foire aux manèges. Sur notre site, on ne fait pas d’exercices militaires qui nécessiteraient des armes, du coup, ils ne sont pas perturbés. Et nous, nous ne sommes pas gênés par leurs crottes, car ils ont leur propre espace".

Une solution économique, écologique et efficace

Trois races assurent cette mission, des Churas, des Gascognes et des Boulonnais. "Ce sont des races rustiques qui demandent peu de soins, explique le lieutenant chargé de leur bien-être. Ils sont résistants aux maladies et à la météo." Et surtout, ils ingèrent des quantités astronomiques d’herbe.

Il faut dire que le terrain est lui aussi conséquent, avec ses trente-trois hectares. Mais à raison de deux heures de broutage par jour (et d’une heure trente de ruminage), ils progressent. Toutes les semaines, le troupeau change de bastion. Ils ont encore plusieurs mois devant eux pour venir à bout de cinq secteurs dans la Citadelle. L’an dernier, le troupeau s’est retiré en décembre, après cinq mois de bons et loyaux services.

Exceptionnellement, le public peut les croiser lorsqu’ils changent de zone de pâturage, guidés entre autres par un chien de berger. Mais c’est surtout depuis le parc, en contrebas, que les visiteurs peuvent les admirer. 

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