Les opposants à Notre-Dame-des-Landes en pleine désunion ?

Les opposants à Notre-Dame-des-Landes en pleine désunion ?

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NOTRE-DAME-DES-LANDES – Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, association d’opposants au projet d’aéroport, explique dans un entretien au Figaro ce lundi qu’une "minorité d’opposants" doit quitter la zone occupée par les militants.

La manifestation du 22 février à Nantes aurait-elle laissé des traces chez les opposants ? Oui, à en croire Julien Durand interviewé dans le Figaro de ce mardi. Le porte-parole de l’Acipa, association qui milite contre le projet de Notre-Dame-des-Landes explique au journal que les "débordements ont occasionné un remue-ménage terrible sur la Zad (Zone d’aménagement différée, occupée par des militants, ndlr) et nous avons du linge sale à laver en famille."

Après les violences, la position des anti-aéroport a été vivement critiquée par tous les soutiens au projet. Dans un premier communiqué, au soir des événements , ils avaient estimé que "le gouvernement étant sourd à la contestation, il n’est pas étonnant qu’une certaine colère s’exprime." Pour eux, la manifestation a été "un succès et les différentes composantes de la lutte restent unies sur le terrain".

"Certains d'entre eux n'ont pas leur place"

Par la suite, dans un communiqué publié le 27 février, l’Acipa avait "condamné la violence organisée", tout en questionnant le rôle de forces de police qui ont "pris elles-mêmes en otage des familles entières sous des pluies de grenades lacrymogènes, ce qui s’est traduit d’une part par la détérioration de biens publics et privés qui ont jeté le discrédit sur l’énorme succès de notre mobilisation et d’autre part." Mais toujours, le mouvement rappelait l’"union totale des différentes composantes de la lutte", et leur "détermination commune" .

Mais d’après Julien Durand, il apparaît que sur les 1 600 hectares de Notre-Dame-des-Landes, l’union entre opposants locaux et Zadistes n’est pas si facile : "Nous leur disons que certains d’entre eux n’ont pas leur place. Nous souhaiterions que les jeunes acceptent notre message de non-violence", explique le porte-parole au Figaro. Il reconnaît qu’une "minorité recherche l’affrontement. Ces électrons libres incontrôlables vont et viennent et on ne peut rien construire avec eux. Ils règlent aussi leurs comptes entre eux."

Un mouvement pourri de l'intérieur ?

Le porte-parole évoque aussi l’hypothèse d’une infiltration des forces de l’ordre "dans l’objectif de pourrir notre mouvement", après avoir découvert, depuis quelques mois, "des jeunes marginaux, ignorant tout du projet, venus de Nantes sur les conseils de policiers."

Et si le but poursuivi – empêcher la construction de l’aéroport – reste le même, les approches diffèrent. Julien Durand explique ainsi que "les Zadistes s’autosuffisent via l’agriculture. Chaque vendredi a lieu un marché. Beaucoup d’échanges contradictoires ont lieu entre ces non productivistes refusant l’argent et nous, qui fonctionnons selon les règles de la société de consommation. Ils apprennent que pour pouvoir installer des exploitations agricoles, il faut travailler, avoir des semences et du matériel."
 

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