Les représentants du personnel de l'aéroport Toulouse-Blagnac disent "non" aux Chinois

Les représentants du personnel de l'aéroport Toulouse-Blagnac disent "non" aux Chinois

DirectLCI
ECONOMIE – Lors du comité d'entreprise qui s'est tenu lundi, les élus du personnel ont émis un avis négatif sur le rachat d'une partie de l'aéroport Toulouse-Blagnac par un groupe chinois. Même si la décision est consultative, cette décision va alimenter les arguments du collectif opposé à l'arrivée du groupe Symbiose à Toulouse.

Le comité d'entreprise de l'aéroport s'oppose au débarquement des Chinois. Même si leur avis est consultatif, les sept élus du CE de Toulouse-Blagnac se sont unanimement prononcés lundi contre la privatisation de la plateforme aéroportuaire .

Ils reprochent à l’État "l'opacité" du processus de vente de 49,9% du capital. Selon eux il est mené par l'État "dans des conditions d’opacité singulières". "On est quand même en train de vendre une société de service public mais depuis le début on nous impose la confidentialité à tous les niveaux, ce qui fait qu'on n'a jamais eu connaissance des avis, ni même du contenu des offres et encore moins des projets de pacte d'actionnaires, ce qui n'est pas de nature à nous donner confiance", regrette le secrétaire du CE, Patrick Fabriès (CFDT).

Les salariés craignent des risques sociaux

L'expertise mandatée par le comité d'entreprise démontre que la situation économique de l'aéroport est tout à fait saine, avec une bonne gestion et des perspectives de croissance réalistes. "Mais l’État nous amène sur le terrain d'une opération commerciale ambitieuse qui change la donne et peut générer des risques au niveau social, pour l'emploi et les conditions de travail", ajoute Patrick Fabriès.

Depuis le 4 décembre, le groupe chinois a été choisi par le gouvernement pour racheter 49,9% de la société d'exploitation de l'aéroport de Toulouse. L’État conservera 10,01% du capital et les collectivités locales 40%.

L'opération devrait rapporter plus de 300 millions d'euros à l’État. A terme, les repreneurs chinois voudraient faire passer le trafic aérien de 7,5 millions de passagers en 2013 à 18 millions en 2046, ce qui suscite une vive opposition locale, notamment des riverains qui redoutent l'augmentation des nuisances. Ces derniers, regroupés en collectif ont mené différents recours devant la justice afin de faire annuler la vente de Toulouse-Blagnac aux Chinois.

Sur le même sujet

Lire et commenter