Les salariés de Fralib savourent leur "victoire"

FRANCE

ECONOMIE - Les ouvriers de l'usine Fralib de Gémenos (Bouches-du-Rhône), en lutte depuis trois ans et demi contre Unilever, ont signé lundi un accord de fin de conflit avec la multinationale, obtenant près de 20 millions d'euros pour leur projet de coopérative.

Une décision saluée par des chants et des larmes. L’usine de Gémenos a été le théâtre pendant plus de 3 et ans de demi de la détresse et de l’angoisse des salariés Fralib, suite à la décision du groupe Unilever d’arrêter en septembre 2010 la production de sachet de thés en Provence. Le lieu symbolise désormais la victoire de ces hommes et de ces femmes en lutte pour la relance de leur activité. En effet, après 1 336 jours, le géant de l’agroalimentaire a accepté de signer un accord de fin de conflit ont indiqué mardi les salariés réunis dans leur entreprise.

Unilever met ainsi un terme aux multiples procédures judiciaires – trois plans de sauvegarde de l’emploi avaient été annulés – et s’engage à verser 19 260 000 euros pour le projet de société coopérative de production (Scop) porté par les salariés. "C’est une victoire, on va enfin relancer les machines", savoure avec émotion Gérard Cazorla, représentant du CE à l’usine Fralib. Une somme conséquente qui permettra surtout d’engager de la trésorerie, de remettre à niveau l’outil de production ou encore de faire une étude de marché.

"On va pouvoir reprendre une vie normale"

"Si tout se passe bien, on pourrait recommencer d’ici la fin de l’année", confie le délégué CGT Olivier Leberquier, conscient toutefois que le "combat continue pour faire tourner l’entreprise". Des premiers contacts ont d’ailleurs été pris avec des producteurs pour la mise en sachet de 1000 tonnes de thé. Seul bémol pour les salariés, leur usine qui était la seule en France à produire les infusions Eléphant ne pourra plus utiliser cette marque.

Un détail minime pour Florent, 44 ans, dont 15 à Gémenos. "Je crois que je ne réalise pas encore ce qu’il se passe. Après tout ce qui est arrivé, tout ce qu’on a vécu, c’est incroyable de vivre ça", témoigne ce père de 3 enfants. Une émotion partagée à ses côtés par sa femme Christine, impatiente de "reprendre une vie normale".
 

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