Les salariés de Nice-Matin finalisent leur projet de reprise avec Tapie

FRANCE

PRESSE – Le projet de reprise de Nice-Matin par ses salariés sera déposé lundi. Il devrait prévoir la participation de Bernard Tapie, qui investirait au moins 8 millions d'euros, a-t-il été annoncé à l'assemblée générale de la SAPO (société anonyme à coopération ouvrière) de Nice-Matin, ce vendredi.

Bernard Tapie avait juré qu'il n'était "pas repreneur de Nice-Matin" en juin . Mais fin juillet, il a contacté les salariés qui s'étaient lancés dans un projet de reprise de leur entreprise. "S'il s'associe à notre projet c'est à nos conditions : rester minoritaire, limiter la saignée sociale et respecter notre projet éditorial" explique Jean-François Roubaud, journaliste et délégué du SNJ, au sortir de l'assemblée générale de la SAPO (société anonyme à coopération ouvrière) de Nice-Matin, ce vendredi.

L'homme d'affaires marseillais amènerait 8 à 10 millions d'euros et aurait 35% des parts de la SCIC (société coopérative d'intérêt collectif), les salariés resteraient majoritaires avec 60%. Le projet ne prévoirait qu'une centaine de "départs volontaires", contre "plus de trois cents" dans chacune des cinq autres offres de reprise, assure un représentant du comité d'entreprise qui a rencontré tous les candidats.

L'imprimerie délocalisée ?

Pour autant, l'hypothèse Tapie inquiète une partie du personnel. D'abord parce que le personnage est "sulfureux", reconnaît volontiers Jean-François Roubaud, "mais nous n'avons pas reçu d'offre plus glam, le patron du New-York Times ne s'est pas manifesté". Ensuite parce que Bernard Tapie réfléchit à fusionner les imprimeries du groupe Nice-Matin et de La Provence sur un nouveau site, qui pourrait être implanté dans le Var. Un projet qui suscite de vifs débats, notamment chez les ouvriers du livre de Nice.

Les salariés de Nice-Matin ont jusqu'à ce lundi, avant midi, pour déposer leur projet au bureau de l'administrateur judiciaire. Ce samedi, ils organisent une grande vente aux enchères au CUM de Nice pour collecter des fonds, qui s'ajouteront aux plus de 300.000 euros déjà collectés en moins d'un mois par le biais du crowdfunding . Le tribunal de commerce rendra sa décision le 13 octobre. D'ici là, les rebondissements pourraient être nombreux.

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