Les surveillants de prison en colère : "la surpopulation atteint 160% aux Baumettes"

Les surveillants de prison en colère : "la surpopulation atteint 160% aux Baumettes"

France
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PRISON - Opération coup de poing ce lundi matin au rond-point du Prado à Marseille. Très tôt, une trentaine de gardiens de prison des Baumettes a bloqué la circulation à l’appel du syndicat pénitentiaire des surveillants. Objectif : dénoncer des conditions de travail insupportables.

Ils s’estiment en danger et tiennent à le faire savoir. Les surveillants pénitentiaires des Baumettes, tracts à la main, ont gêné la circulation au rond-point du Prado ce lundi matin. D’autres opérations pourraient suivre s’ils n’obtiennent pas gain de cause. "Les sous-effectifs doivent être rattrapés. Il manque actuellement une trentaine de surveillants", revendique le secrétaire adjoint du syndicat pénitentiaire des surveillants Sébastien Moreno.

Pas assez de gardiens et trop de détenus, le mélange est explosif. "La surpopulation pénale atteint 160 % aux Baumettes. C’est la source de tous nos problèmes", clame Marcel, surveillant ici depuis 7 ans. Insultes, menaces, séquestrations et agressions physiques, c’est le quotidien que dénoncent ces professionnels. Les exemples ne manquent pas. Au milieu des voitures arrêtées, Jérémy, jeune surveillant relate le dernier incident en date : "ce week-end, un détenu a mis sa main dans un pot de Nutella pour s’en servir comme poing américain sur un de nos collègues".

Les armes blanches circuleraient librement et en grand nombre

Les motifs des altercations seraient futiles d’après ces manifestants. "Souvent des points d’application du règlement comme l’heure des douches ou des visites" indique Patrick. "De toute façon, se désole Jérémy, ces agressions se font en toute impunité. Notre hiérarchie ne nous soutient pas et les détenus en cause sont rarement punis. Ils savent qu’ils peuvent cracher sur les gardiens, la prison ne fait plus peur".

Des surveillants dépassés par les événements. "Aujourd’hui, nous ne sommes que des porte-clefs pour l’administration pénitentiaire : nous ne sommes bons qu’à ouvrir et fermer des portes" regrette le syndicaliste Sébastien Moréno. Tous réclament également une fouille générale des cellules , à la recherche d’armes blanches qui seraient légion aux Baumettes.


 

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