Les taxis nantais veulent faire entendre leur voix dans la campagne

Les taxis nantais veulent faire entendre leur voix dans la campagne

France
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TRANSPORT - Retards, courses non honorées… Les taxis nantais souffrent d’une mauvaise réputation, notamment auprès des hôteliers et de leurs clients. Les professionnels veulent redorer leur image, et évoquer leurs problèmes. Ils ont entrepris de rencontrer les candidats à la mairie.

Y a-t-il un problème avec les taxis nantais ? La profession souffre en tout cas de mauvaise réputation. Gilles Cibert, directeur de l’Hôtel La Pérouse à Nantes, évoque les déboires que connaissent régulièrement ses clients : "Nous les prévenons que s'ils veulent un taxi, il faut le commander au moins 45 minutes à l'avance. Sinon, ils ne sont pas sûrs de l'avoir à l'heure." L’Hôtel l’Amiral, lui, a placardé une affiche dans son hall, informant sa clientèle n’être "aucunement responsables des commandes de taxis non honorées."

Ces faits ont interpellé Yoann Jouet, co-fondateur de Hop Taxi, une start-up de réservation en ligne . Cette plateforme, qui vient de se lancer et rassemble une trentaine de chauffeurs, vise justement à simplifier la réservation via Internet. Et le slogan est parlant : "Les taxis les plus sympas de France sont à Nantes." Car plus que tout, Hop Taxi veut "redorer l'image des chauffeurs" : "Ils souffrent d'une réputation désastreuse, sont accusés d'être peu fiables, voire de gruger le client", déplore Yoann Jouet. "Pourtant, à 95 %, ils sont très agréables." 

Des aménagements urbains "aberrants"

Face aux critiques, les professionnels du secteur se sentent, eux, peu écoutés. "Nous réalisons environ 5 millions de déplacements à l’intérieur de l’agglomération", avance Philippe Bely, de la chambre syndicale des artisans taxis. "Nous sommes complémentaires avec les transports en commun, mais ne sommes jamais consultés dans tous les projets urbains." A l'initiative de Hop Taxi, ils ont donc entrepris de solliciter les candidats à la mairie pour en parler.

Le principal problème ? L'accessibilité dans le centre-ville. "La circulation aux heures de pointe est impossible", souligne Philippe Bely. "Le matin à 5 heures, une course de 25 km se fait en 20 minutes… C’est le temps qu’on met deux heures après pour faire 5 km." Il pointe aussi le nouveau plan de déplacements urbains, qui "crée de plus en plus de sites propres pour les transports en commun, qui nous sont interdits" : "Notre mobilité a considérablement diminué : en 10-15 ans, on a perdu plus de 10 km/heure de moyenne journalière." Enfin, certains aménagements urbains sont "aberrants" : "Dans le quartier Graslin, des plots ont été installés partout, on ne peut plus se garer. Nos clients ont pourtant des valises !"

 

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