LGV Lyon-Turin: Les Verts "rappellent à l'ordre" les pouvoirs publics

LGV Lyon-Turin: Les Verts "rappellent à l'ordre" les pouvoirs publics
FRANCE

TRANSPORTS - La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, a souhaité ce lundi avec plusieurs élus "rappeler à l'ordre nos dirigeants" sur le projet de ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin, estimant que "d'autres solutions sont possibles sur le fret ferroviaire dans la zone des Alpes". Une déclaration qui n'a pas plu au président de la Région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne.

Un gros coup de gueule. La secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, a souhaité ce lundi "rappeler à l'ordre nos dirigeants" sur le projet de ligne à grande vitesse (LGV) Lyon-Turin. Avec plusieurs élus, elle estime que "d'autres solutions sont possibles sur le fret ferroviaire dans la zone des Alpes".

La dirigeante d'EELV a exprimé sa vive inquiétude sur ce projet passant par la construction d'un tunnel transalpin de 57 km pour 8,5 milliards d'euros, financé à 40 % par l'Union européenne, soit 3,4 milliards, l'Italie prenant en charge 2,9 milliards et la France 2,2 milliards.

Ces dirigeants "aiment bien brandir les grandes infrastructures pour montrer que cela avance, mais il faut aussi entendre que, parfois, une grande infrastructure n'est pas la meilleure réponse au problème de la pollution et du trafic routier dans cette zone des Alpes", a souligné la responsable d'EELV.

"Il faut rouvrir la discussion"

"En disant qu'on fera le Lyon-Turin à tout prix, on met tout l'argent pour cette infrastructure et on ne permet pas de travailler sur le contournement ferroviaire de Lyon (...) sur des lignes ferroviaires existantes qu'il faut réhabiliter et on ne permet pas de s'interroger vraiment de la desserte de la zone... C'est tout cela qui ne va pas", a ajouté Emmanuelle Cosse. "D'autres solutions sont possibles sur le fret ferroviaire dans la zone des Alpes" et il faut s'inspirer de la Suisse et de l'Autriche, où "ils ont réutilisé des lignes anciennes", a relevé la dirigeante d'EELV.

La députée européenne écologiste Michèle Rivasi a aussi mis en garde contre une spirale des coûts, observant qu'"un tunnel équivalent" à celui prévu pour le Lyon-Turin vient de s'achever en Suisse, le Saint-Gothard, et que son coût atteint déjà 10,5 milliards d'euros.

Elle a d'autre part relevé qu'il existait "à côté" un autre tunnel, celui du Mont-Cenis, "est utilisé à 20% de ses capacités" sur le ferroutage. "Comment, s'est-elle indignée, peut-on justifier de percer ce tunnel (pour le Lyon-Turin) alors qu'on a un tunnel existant qui est utilisé en sous-capacité ?".

"Les Verts vont devenir gris de pollution"

"Il y a du boulot au niveau de l'Europe pour faire bloquer ce dossier", a conclu l'eurodéputée. "Il faut rouvrir la discussion sur le Lyon-Turin, même au niveau européen (...) On peut faire autre chose que le tunnel", a renchéri Monica Frassoni, coprésidente du Parti vert européen. En cette "année très particulière" qui verra la conférence sur le climat à Paris, "cela doit interroger notre pays sur ses choix politiques quand il fait des infrastructures. Est-ce qu'il fait toujours les bons choix ? Est-ce qu'il a vraiment essayé de mettre en œuvre de la démocratie ?", a demandé Emmanuelle Cosse.

Cette sortie des écologistes n'a pas vraiment plu à Jean-Jack Queyranne, le président (PS) de la Région Rhône-Alpes. "Je constate le revirement d’Europe Ecologie les Verts sur le Lyon-Turin. Je le regrette comme la majorité des Rhônalpins. Etre écologiste, c’est vouloir réduire la pollution atmosphérique liée au trafic routier en mettant les camions sur des trains, a-t-il déclaré. Etre européen, c’est vouloir favoriser le développement des échanges économiques, commerciaux et humains entre les pays européens. (...) Le franchissement de la barrière alpine s’inscrit dans le projet d’une Europe unifiée et cohérente. Les écologistes appellent à s’inspirer de la Suisse. Or en 2016, les Suisses mettront en service le tunnel du Saint-Gothard, qu’ils ont justement réalisé avec leur seul financement. Dans le cadre du Lyon-Turin, comment imaginer que deux pays comme la France et l’Italie ne seraient pas en mesure de réaliser un tel investissement en bénéficiant, en outre, du soutien de l’Union européenne ? Les dirigeants d’Europe Ecologie Les Verts ne croient-ils plus à l’Europe ? En s’opposant au Lyon-Turin, les écologistes ont tourné casaque. Ils étaient les verts, fervents défenseurs de l’environnement. Ils vont devenir gris de pollution."

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