Librairie Chapitre à Lyon : le jour d’après

Librairie Chapitre à Lyon : le jour d’après

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SOCIAL – Les 23 salariés du magasin historique de Bellecour ont décidé d’occuper les locaux depuis ce lundi soir. Ils exigent des indemnités de départ supra légales.

Comme un ultime baroud d’honneur. Depuis lundi soir, les 23 salariés de la librairie Chapitre de Lyon occupent les locaux nuit et jour afin de demander des indemnités de départ supra légales. Le magasin historique de Bellecour, désormais fermé, n’a en effet pas trouvé de repreneur depuis son dépôt de bilan le 2 décembre dernier. Les employés, qui ont investi le deuxième étage de la librairie, ont installé des sacs de couchage au rayon des livres jeunesse quand une autre pièce fait office de salle à manger.

"On ne pouvait pas partir comme ça. Nous allons nous relayer au moins jusqu’à jeudi, date du comité d’entreprise à Paris. Si on ne nous propose que le minimum syndical pour partir, nous sommes prêts à rester plus longtemps, explique Alain Capuano, délégué CGT employé depuis 20 ans. Cela fait trois ans que nous voyons les choses se gâter et que nous anticipons cette fermeture, ajoute-t-il, amer. Mais la direction a voulu uniformiser tous les magasins sans tenir compte de leur singularité."

Une "descente aux enfers"

A Saint-Etienne, trois salariés ont repris la librairie Chapitre et 20 emplois ont pu être sauvés . Le même scénario n’a pas pu se reproduire à Lyon, notamment en raison d’un loyer (35 000 euros) exorbitant. "Il aurait fallu réunir une somme considérable, mais même avec les aides du CNL (Centre national du livre) cela aurait été compliqué", indique Alain Capuano.

En attendant de recevoir leurs lettres de licenciement et de connaître le montant des indemnités de départ que la direction leur propose, les "23" se serrent les coudes, eux qui seront restés professionnels et dignes jusqu’au bout malgré une issue inexorable. "Ces dernières années ont été une véritable descente aux enfers, peste une employée, présente dans la maison depuis 25 ans. C’est une institution qui disparaît. Certains clients venaient ici depuis qu’ils sont enfants. Les gens ne veulent pas y croire." Enfin, l’ensemble du personnel regrette le manque d’investissement des élus locaux, lesquels n’ont selon eux "rien fait" pour leur venir en aide.
 

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