Librairie Chapitre : "On ne veut pas disparaître dans l’indifférence"

Librairie Chapitre : "On ne veut pas disparaître dans l’indifférence"

France
DirectLCI
SOCIAL - Depuis lundi, les salariés de la librairie Chapitre du centre de Nantes occupent et dorment dans leur établissement, qui a fermé ses portes.

Mardi, c’était l’anniversaire de Charlotte. Triste hasard : pour ses 37 ans, cette employée, tout juste licenciée, a passé la journée au pied de l'escalator de la librairie Chapitre, rue Feltre, à Nantes. L’établissement, placé en liquidation, a fermé ses portes lundi, faute de repreneurs. Les treize salariés ont appris la nouvelle sept jours avant. Un coup dur. "Jusqu’au dernier moment, nous avons cru au miracle d’un rachat", raconte à metronews Gwenaelle Le Cossec. Mais rien.

Alors depuis mardi, elles et ses collègues se relaient pour occuper la boutique. Comme un baroud d'honneur. "Nous sommes épuisés moralement, usés. Mais la colère a pris le dessus, explique Charlotte Martin, les larmes aux yeux. On fait un métier de passion, sans salaires mirobolants. Mais les conditions de départ sont dramatiques. On veut se battre pour nos indemnités, il ne nous reste plus que ça."

"Il y avait un énorme potentiel"

Et dans ce combat, les vendeuses, qui ont la plupart une vingtaine d’années d’ancienneté, se sentent peu soutenues : "La mairie est à deux pas. Personne n’est jamais venu nous voir. Ce n’est pourtant pas rien, 13 emplois en moins dans le centre." Pour ne pas fermer "dans l’indifférence", ils se sont invités mardi chez les candidates Johanna Rolland (PS) et Laurence Garnier (UMP). "Les candidates nous ont écoutés, mais on les sent mal à l’aise", explique Charlotte, désabusée. "C’est d’autant plus frustrant qu’il y avait un énorme potentiel de développement, surtout grâce à la papeterie", explique Christine Fourrage. "Mais la direction a voulu tout uniformiser."

Frédéric, de la librairie Durance, a une analyse similaire : "Le concept de la librairie Chapitre était trop bâtard, entre la librairie indépendante et la grande surface. Ce n’est pas une surprise si Virgin ferme, et que la Fnac a des problèmes : ils se focalisent trop sur la gestion des stocks, pas assez sur les clients." Et là, les indépendants jouent leur avantage : "On a une relation client aux petits oignons, on va au plus près de leurs besoins." Pour la petite dizaine de librairies indépendantes de Nantes, la situation est "globalement satisfaisante", assure-t-il. "Il y a du mouvement, avec l’apparition des ventes en ligne. Mais ce métier est en questionnement perpétuel depuis une dizaine d’années. Le livre ne va pas disparaître de sitôt."

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter