Lilian Thuram: "On ne naît pas raciste mais on le devient"

FRANCE
INITIATIVE – L'ex footballeur a récompensé les élèves de Midi-Pyrénées qui se sont investis dans un projet pédagogique visant à lutter contre le racisme. Un projet qui s'inscrit dans la mission de la fondation Lilian Thuram.

L'ancien champion du monde de 1998 était lundi à Toulouse. A l'école supérieure du professorat, il a remis des récompenses aux enfants des différentes classes de l'académie, de la maternelle au collège, qui ont participé à l'opération "AfricaQuizz 2014", initié par la Casden et la fondation Lilian Thuram. Le but : combattre le racisme à travers un jeu.

Costume noir, petites lunettes sur le nez, l'ancien défenseur des Bleus se prête d'abord au jeu des autographes et des photos. Même si la plupart des groupies étaient beaucoup trop jeunes pour se souvenir de ses exploits sous le maillot de l'équipe de France ou de la Juventus.

Un projet pour lutter contre le racisme et l'homophobie

"J'ai vu ses deux buts contre la Croatie, lors du Mondial 98, sur Internet", lance fièrement Yanis, 10 ans, scolarisé à l'école Lucien-Gouron à Foix. Avec ses deux copains Max et Marie, il a participé au projet d'affiche visant à dénoncer le racisme. "On y voit la Terre avec des visages de différentes couleurs dessus", décrit Max. Pragmatique, la petite Marie reconnaît avoir découpé les portraits dans "le catalogue de La Redoute de ma mère!".

Sur la scène de l'amphithéâtre, Lilian Thuram conquiert son auditoire par sa simplicité et son humour. "On ne naît pas raciste mais on le devient", martèle-t-il aux enfants qui viennent chercher leurs récompenses.

"Tirer la langue pour se moquer de soi-même !"

Et d'inviter les enfants à tirer la langue aux photographes lors de la remise des prix. "C'est juste pour rigoler. Même quand on est adultes, on peut faire des gamineries. C'est important de ne pas se prendre au sérieux et savoir se moquer de soi-même", justifie Lilian Thuram qui reprend régulièrement ce discours à travers les écoles du monde entier, de la Guinée à la Suède ou Haïti.

"Les enfants sont plus réceptifs que les adultes, on peut débattre et discuter avec sincérité des questions du racisme ou de l'homophobie". Vu la mine réjouie des enfants, le message est bien passé.

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