Lille : l'affaire des noyés de la Deûle classée sans suite d’ici fin mai

Lille : l'affaire des noyés de la Deûle classée sans suite d’ici fin mai

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JUSTICE – La thèse des accidents va être officiellement retenue fin mai, après les morts consécutives de quatre jeunes hommes entre novembre 2010 et septembre 2011 à Lille. En revanche, le bar Le Privilège risque des poursuites pénales pour avoir servi de l’alcool à Thomas Ducroo, alors qu’il était déjà en état d’ébriété.

La fin d'un dramatique épisode judiciaire. D'ici fin mai, le parquet de Lille va classer sans suite les différentes enquêtes sur les morts des "noyés de la Deûle". Entre novembre 2010 et septembre 2011, quatre jeunes hommes (John Ani, Thomas Ducroo, Jean-Mériadec Le Tarnec et Lloyd Andrieu) ont successivement perdu la vie à Lille, de façon similaire, en tombant dans la rivière au niveau de l'esplanade du parc de la Citadelle.

Une psychose avait alors vite émergé, évoquant un tueur en série, un pousseur ou un trafic d’organes. Selon La Voix du Nord , la thèse d’une série de chutes liées à une trop forte alcoolisation sera officiellement validée d'ici fin mai, par Frédéric Fèvre, le procureur de la République de Lille.

Des accidents liés à l’hyperalcoolisation

"Aucun élément ne laisse penser à des faits de nature criminelle, indique-t-il dans les colonnes du quotidien. En revanche, tout accrédite des décès accidentels liés à l’hyperalcoolisation. Les familles seront reçues afin de leur expliquer le motif des classements." Selon lui, les jeunes hommes sont tombés "en titubant au bord de l'eau ou à cause d'une perte d'équilibre en voulant satisfaire un besoin naturel." 

En revanche, des "investigations complémentaires" vont être demandées à la police sur une éventuelle responsabilité du bar du Vieux-Lille, Le Privilège, dans l’alcoolisation de Thomas Ducroo. "La législation interdit de servir à boire à des personnes déjà alcoolisées", a ajouté Frédéric Fèvre, qui n’exclut pas des poursuites pour "homicide involontaire" ou "non assistance à personne en danger."

Si l'homicide involontaire par imprudence est établi, cela deviendrait alors un délit puni de trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. Rappelons qu'à cette époque, Le Privilège avait déjà subi une suspension de son autorisation de fermeture tardive. Aujourd’hui, il risque donc aussi des poursuites pénales.

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