L'information, ça s'apprend d'abord à la maison

L'information, ça s'apprend d'abord à la maison

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EDUCATION - La 25e édition de "La semaine de la presse et des médias à l’école" a débuté mardi avec pour thème "Une info, des supports" dans plus de 14 000 établissements en France et à l’étranger. Une sensibilisation des enfants et des ados à l’information qui doit aussi se faire en amont, à la maison.

Depuis mardi, écoles, collèges et lycées croulent sous les journaux et magazines à l’occasion de la "Semaine de la presse et des médias dans les écoles" . Jusqu’au 29 mars dans plus de 14 000 établissements en France et à l’étranger, enfants et ados concocteront journaux radio et télé, s’exerceront à la revue de presse ou à l’analyse de unes afin de se sensibiliser à l’information et sa fabrication. "L’idée est de former des citoyens qui puissent se forger leur propre opinion", explique Elsa Santamaria, responsable de cette opération initiée il y a 25 ans. A l'époque, Internet n'en était qu'à ses balbutiements. Aujourd'hui, il faut plus que jamais prendre en compte l’évolution des modes de production, en particulier la naissance du journalisme web. En témoigne le thème choisi cette année, "une info, des supports", pour apprendre aux enfants à identifier les bonnes sources face à l'offre pléthorique d'Internet.

Car n’en déplaise aux mauvaises langues, les jeunes lisent et s’informent. Ainsi, deux tiers des moins de 20 ans se disent lecteurs de presse jeunesse, la proportion grimpant à 80% chez les 7-12 ans, selon l’étude Junior Connect 2014 d’Ipsos . Ils y consacrent en moyenne pas moins de 3h30 chaque semaine. Une appétence pérenne :  "Lorsque l’on est un grand lecteur de presse jeunesse, on reste lecteur toute sa vie, analyse Matthieu Guillaume, directeur de l’enquête Ipsos. Mais cela passe aussi par une éducation dès le plus jeune âge".

Facebook comme moyen de s’informer

L’habitude de s’informer se forge en effet d’abord à la maison. Aux parents d'intervenir en abonnant leurs enfants à diverses publications ou en débattant avec eux des sujets d'actualité du moment. "Tout dépend de la cellule familiale, confirme Virginie Spies, sociologue des médias. Si les parents s’informent au quotidien, ne serait-ce qu’en écoutant la radio le matin, les enfants acquerront ce réflexe dès 6 ou 8 ans".

S’informer certes, mais comment ? Selon Virginie Spies, la télévision reste le média favori des lycéens - pour 44% d'entre eux d’après le dernier sondage en date sur le sujet, réalisé en 2010 par L’Etudiant  -, devant Internet. Mais la situation pourrait rapidement changer alors qu'en an, la pénétration destablettes numériques auprès des foyers avec enfants a plus que doublé, passant de 18% à 46% selon l'enquête Ipsos, et que plus d'un adolescent sur deux possède désormais son propre smartphone.Une évolution qui ne semble pas mettre en danger le goût pour la presse écrite traditionnelle. Bien au contraire : les jeunes équipés de tablettes ou de smartphones la lisent plus que les non équipés (68% vs 58%).

Il ne faut d'ailleurs pas négliger l’importance des réseaux sociaux, souligne Virginie Spies, pour qui "Facebook est un formidable agrégateur d’informations. Il suffit de s’abonner aux pages de journaux ou de sites d’actualité fiables ». La sociologue insiste : il serait selon elle judicieux de mettre en place un enseignement de bons usages de Facebook à l’école.

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