L’inquiétant profil de Patrick Salameh jugé pour un crime sans cadavre

L’inquiétant profil de Patrick Salameh jugé pour un crime sans cadavre

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JUSTICE - La cour d’assises d’Aix-en-Provence juge à partir de lundi Patrick Salameh suspecté d’"enlèvement, viol et séquestration suivis de mort" après la disparition de 3 prostituées en 2008. Présenté comme le meurtrier présumé, il nie les faits.

Une étrange affaire de crime. À partir de lundi, Patrick Salameh, 56 ans, comparaît devant la cour d’assises d’Aix-en-Provence pour "enlèvement, viol et séquestration suivis de mort", après la disparition de trois prostituées dont les corps n’ont jamais été retrouvés. Surnommé "le Jack l’éventreur de Marseille", le quinquagénaire, ancien chef de chantier, a toujours nié les faits depuis son arrestation en novembre 2008.

Déjà connu des services de police pour avoir purgé, de 1989 à 2005, à la prison des Baumettes une peine de seize ans de réclusion pour vol avec arme, ce père de famille, se retrouve aujourd’hui suspecté d’être un tueur en série. L’affaire commence en octobre 2008. La disparition à Marseille, d’une, deux puis trois prostituées originaires d’Ukraine, de Roumanie et d’Algérie intrigue les services de la brigade criminelle de la police judiciaire.

L’enquête prend un tournant décisif le mois suivant. Une prostituée de 24 ans d’origine marocaine accuse Patrick Salameh de l’avoir séquestrée, violée et frappée pendant plus de six heures avant de la payer et de la relâcher. Au lendemain de ce témoignage, il est interpellé. La police perquisitionne sa garçonnière du quartier de Saint-Mitre dans le 13ème arrondissement. Sur place, des effets personnels des prostituées ainsi que des traces ADN des disparues sont retrouvés.

Un suspect enfermé dans son mutisme

Placé en garde à vue, Patrick Salameh nie. Oui, il a eu des relations sexuelles avec les trois jeunes femmes dans son appartement avant de les raccompagner. Mais non,  il ne les a pas tués. L’analyse d’un incinérateur dans sa maison ou dans les propriétés de sa famille n’aura d’ailleurs pas permis de retrouver les corps des victimes.

Même s’il martèle ne pas être lié aux disparitions, Patrick Salameh n’en est pas à une contradiction près. Durant son incarcération dans les années 90, il se prend de passion pour la peinture. Des tableaux où des femmes sont représentées enfermées derrière des barreaux ou des grillages sont retrouvés à son domicile. Il aurait également écrit en prison un recueil sur les tueurs en série.

Durant ses différents interrogatoires, il refusera systématiquement de répondre aux enquêteurs, préférant renvoyer par la suite de nombreux courriers pour "énoncer sa propre version des faits". Une ligne de conduite poursuivie dans l’affaire Fatima . Renvoyé le mois dernier devant les assises pour la disparition de cette baby-sitter suite à un "faisceau d'indices", Patrick Salameh nie là encore toute implication.
 

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