Liquidation en vue pour les ex-Lejaby des Atelières de Villeurbanne

Liquidation en vue pour les ex-Lejaby des Atelières de Villeurbanne

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ECONOMIE – La Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) vient de demander sa liquidation judiciaire auprès du tribunal de commerce de Lyon. Les banques n’ont pas voulu apporter leur contribution financière à la production locale de sous-vêtements de luxe en petites séries.

Muriel Pernin est une femme fatiguée. Fatiguée de se battre depuis près de quatorze mois pour la survie des Atelières , dont elle est la présidente fondatrice. Cette société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) indépendante basée à Villeurbanne et née à la suite du plan social qui a touché Lejaby, est spécialisée dans la production de sous-vêtements de luxe en petites séries. Surtout, ici, chaque pièce est fabriquée en France, de A à Z.

"Pour perdurer dans ce modèle et poursuivre notre développement, nous avions besoin que les banques avancent 585 000 euros dans le cadre d’un fonds de revitalisation, mais deux s’y sont opposées. Cela remet en cause l’ensemble du montage financier, explique Muriel Pernin, très émue. Sans ce deuxième souffle, nous allons devoir nous arrêter. Je ne veux pas mentir à mon personnel, ni d'une mort lente." Si d’ici à vendredi matin, la solution n’évolue pas, Les Atelières, qui comptent trente salariés, déposeront donc un dossier au tribunal de commerce de Lyon pour demander une liquidation judiciaire. Mais la dirigeante n’est pas spécialement optimiste.

"Ça fait vraiment de la peine"

"Je suis à bout, et je ne crois plus au Père Noël, lâche Muriel Pernin. Quand je vois que nous ne pouvons pas bénéficier des dispositifs d’innovation portés par la Banque publique d’investissement (BPI) sous prétexte que notre personnel dispose de diplômes non reconnus au titre de l’innovation (BEP, CAP), ça fait vraiment de la peine. Quoi qu'il arrive, nous aurons tenté quelque chose", soupire-t-elle.

Alain Prost, qui a repris il y a deux ans le site Lejaby de Rillieux-la-Pape (206 emplois) sous le nom de Maison Lejaby , nous fait part de sa "grosse tristesse." "Ce sont des partenaires fidèles, je suis très triste de ce qui arrive, confie-t-il depuis Paris, où Maison Lejaby a défilé dans le cadre de la Fashion Week. Je rentre à Lyon ce mercredi et je vais parler avec Les Atelières pour voir comment nous pouvons les aider." Et peut-être tenter de sauver ce qui peut encore l'être.
 

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