Logement insalubre : Jennifer monte à nouveau sur une grue

Logement insalubre : Jennifer monte à nouveau sur une grue

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LOGEMENT – La jeune mère de famille qui était déjà montée sur une grue à Saint-Roch il y a une semaine pour dénoncer le délabrement de son logement HLM a récidivé ce vendredi matin sur le port de Nice. Selon elle, son bailleur la "mène en bateau".

Il était 6 heures ce vendredi matin quand Jennifer, accompagnée d’une autre jeune maman, Corinne, et de deux amies venues les soutenir, a escaladé la grue du chantier du parking de la Douane, sur le port de Nice. Vers 10h30, les forces de l’ordre ont mis fin au happening et emmené tout ce petit monde, sous bonne escorte, jusqu’à la caserne Auvare. Dont elles sont finalement sorties libres vers 13h. Pour l’instant, on ignore si le propriétaire des lieux, le conseil général, ou l’entreprise en charge des travaux, le groupe de BTP italien Pizzarotti, vont ou non porter plainte pour occupation illégale d’espace privé et demander réparation pour le retard pris dans les travaux.

HLM insalubre

Avec cette action choc, Jennifer cherchait de nouveau à se faire entendre de son bailleur, Côte d’Azur Habitat. Lundi, Jennifer nous avait fait visiter son HLM du Mont-Gros, dans le quartier des Liserons à Nice-Est. Cette jeune femme de 24 ans,  qui est la mère d'une fillette de 5 ans et deux jumeaux de 2 ans, nous avait montré la moisissure qui attaque les murs et le mobilier, mettant en danger, selon elle, et certificat médical à l’appui, la santé de ses enfants.

"Menée en bateau"»

"À la suite de mon action, raconte la jeune femme, les responsables de Côte d’Azur Habitat m’ont parlé mardi dernier d’un appartement qui était libre à Pasteur, parc Aurélia, et en travaux. Mais quand j’ai rappelé le lendemain, après avoir été visité le quartier, pour donner mon accord, on m’a répondu que ce n’était plus possible car il était squatté. En revanche, on m’a dit qu’un autre appartement était libre dans le même immeuble, mais pas avant le départ des locataires, en mai ou en juin, et que je ne serai pas assurée de l’avoir de toutes façons parce que c’était du ressort de la commission d’attribution. J’ai vraiment l’impression qu’on me mène en bateau. Pour moi c’est une urgence vitale, je ne fais pas ça pour m’amuser, la santé de mes enfants est en jeu."

Une nouvelle action dans la foulée

La jeune femme a hésité avant de récidiver… jusqu’à hier. "Deux amies à moi ont croisé Dominique Estrosi-Sassone (adjointe au maire et présidente de Côte d’Azur Habitat, ndlr) et elle leur a dit textuellement : “ Toutes les filles qui sont montées sur la grue vendredi dernier sont radiées de Côte d’Azur Habitat”. C’est ça qui m’a décidé à recommencer."

Mise en cause, Dominique Estrosi-Sassone a simplement indiqué à metronews : "Je ne réponds pas aux polémiques lancées par des candidats aux élections municipales." Les jeunes "grimpeuses" sont défendues par Jean-François Fouqué, avocat et représentant local du Modem. Il figure en onzième position sur la liste municipale d’Olivier Bettati, opposant au maire sortant Christian Estrosi. Manipulée ou pas, Jennifer ne compte pas en rester là. "Je vous donne rendez-vous dès cet après-midi pour une nouvelle action", lance-t-elle, bravache.
 

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