Lycéens en jupe à Nantes : ce qu'en disent les "pour" et les "contre"

FRANCE

SOCIETE – Après le mouvement de la Manif pour tous ce jeudi, les Nantais pour la famille appellent à la mobilisation vendredi contre la journée de la jupe organisée dans 27 lycées de l’académie de Nanets. Les réactions s’enchaînent.

C’est LE sujet qui fait réagir : la journée de la jupe, organisée dans 27 établissements de l’académie de Nantes, le 16 mai.  Après une mobilisation de la Manif pour tous ce jeudi devant les grilles du lycée Clémenceau , le mouvement des Nantais pour la famille appelle à un rassemblement pacifique vendredi à 13 h 30 devant l’établissement "pour dire non à la manipulation de nos enfants" et "non à la théorie du genre à l’école". Depuis deux jours, les réactions s’enchaînent. Tour d’horizon.

LES POUR

"Une pantalonnade" pour Jacques Auxiette, président de la Région Pays de la Loire
"Toute la droite et l’extrême-droite française et ligérienne se sont jetées dans une véritable pantalonnade au sujet de l’initiative de jeunes lycéens. Travestissant la réalité, transformant les faits, ils ont en effet été nombreux à oser prétendre que le Rectorat exigeait des lycéens qu’ils viennent en jupe, malgré le démenti officiel."

"Une théorie du complot", pour les Jeunes socialistes de Loire-Atlantique
"Certains entendent transformer la lutte contre le sexisme en une "théorie du genre", bel exemple de théorie du complot. Or, cette chimère ne leur sert qu’à promouvoir une vision rétrograde et conservatrice d’une société inégalitaire dans laquelle la détention d’un pénis ou d’un vagin suffit à théoriser deux catégories de citoyens : un homme, puissant, soutien et protecteur de la famille et une femme, faible, victime et dont le seul destin acceptable se résume à un rôle de mère."

"Une initiative qui peut être perçue comme maladroite mais est respectable", pour les élus de l’UDI à Nantes
"Attachés à la lutte contre toutes les formes de discrimination, nous refusons l’amalgame fait entre le sexisme et la “théorie du genre”. Si nous exprimons la plus grande réserve sur la “théorie du genre”, force est de constater que le sexisme est une forme de discrimination très répandue et que sa banalisation est un fait. L’initiative lycéenne, même si elle peut être perçue comme maladroite, est respectable. Cette journée d'action a le mérite de soulever le débat au sein des établissements scolaires participants."

"Rétablir quelques vérités", pour Michèle Meunier, sénatrice PS de Loire-Atlantique
"J'aimerais m'adresser à celles et ceux qui agitent la polémique et s'estiment choqués par cette journée : Seriez-vous opposé à la lutte contre les discriminations et les stéréotypes ? Seriez-vous opposés à la promotion de l'égalité entre filles et garçons, femmes et hommes ? Défendre le droit légitime à la différence ne saurait justifier les inégalités. Décidément, les stéréotypes ont la peau dure dans notre société. Les vieux conservatismes demeurent...et attendent la moindre occasion pour ressurgir ! Plus que jamais, le combat pour l'égalité, et contre toute forme de discrimination, reste d'actualité."

LES CONTRE

"On marche sur la tête", pour Laurence Garnier conseillère municipale UMP
"A moins d'un mois du baccalauréat, l'Académie de Nantes n'a rien trouvé de mieux pour préparer les lycéens à cette échéance. On voudrait nous faire croire qu'il s'agit d'une idée des lycéens eux-mêmes, mais l'Académie de Nantes confirme qu'elle a validé et donc repris à son compte cette initiative pour l'étendre à 27 lycées de la région. Evidemment, lutter contre les discriminations a du sens et en particulier au lycée. Mais quand va-t-on expliquer à nos jeunes que la tolérance, ce n'est pas être tous pareils, c'est au contraire être différent et se respecter comme tels ! Sous couvert d'une démarche amusante et anodine, on continue à diffuser des messages insidieux qui nient l'altérité sexuelle."

"Symptomatique de l’idéologie de la société boboïsée" pour le FN Christian Bouchet
"Alors que les droits des femmes reculent dangereusement en France devant la montée d'un islam radical étroitement correlé à une immigration incontrôlée, il est risible et méprisable que la caste qui nous gouverne et ses relais dans l'éducation nationale ne trouvent rien de mieux comme solution que de conseiller à de jeunes lycéens de sexe masculin de porter des vêtements féminins. Pour le FN 44, ceci est symptomatique de l'idéologie de la société boboïsée que promeut le Parti socialiste et ses courroies de transmission, idéologie à mille lieux des attentes véritables du peuple français."

"Des propositions déplacées", pour Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous
"On en arrive à des propositions déplacées, de mauvais goût, ce n'est pas le rôle de l'école d'aller sur des questions aussi personnelles. Que les lycéens le fassent [portent une jupe, ndlr], le portent et s'en amusent c'est une chose, que l'Éducation nationale le relaie, je trouve que c'est totalement déplacé".

Les Associations familiales catholiques de Loire-Atlantique "très dubitatives quant à la pédagogie employée"
"Cette action est inutile sur le plan éducatif. Elle n’est que de l’ordre du divertissement. Elle ne dit rien à l’adolescent de ce qu’il est lui-même alors que c’est cela qui l’intéresse vraiment et qui changera véritablement les mentalités sur l’autre sexe. Les AFC se demandent pourquoi le rectorat soutient un tel projet qui met à mal encore une fois la confiance des parents dans l’école."


 

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