Lyon : les prostituées disent "stop" aux arrêtés municipaux

Lyon : les prostituées disent "stop" aux arrêtés municipaux

SOCIETE – Ce mercredi après-midi, des travailleuses du sexe et des associations ont investi la place Jean-Macé à Lyon afin de dénoncer la multiplication des arrêtés municipaux dont les prostituées seraient la cible. Ce jour n'a pas été choisi au hasard, puisque le 17 décembre est la journée internationale de lutte contre les violences envers les travailleuses du sexe.

Malgré la pluie, elles tenaient à faire passer leur message. Ce mercredi après-midi, des prostituées se sont rassemblées sur la place Jean-Macé dans le VIIème arrondissement de Lyon pour dénoncer "la succession" d'arrêtés municipaux anti-stationnement et anti-circulation visant les travailleuses du sexe. "Comme les filles ont besoin de travailler, elles se posent quand même, attrapent des PV et finissent par bosser pour payer ces amendes. Sans parler des mises en fourrière de leurs camions…", regrette Christine, membre du Strass, le syndicat du travail sexuel .

Surtout, les prostituées ne digèrent pas l'arrêté pris par la Ville  le 18 septembre dernier pour une durée de trois mois. Ce dernier, qui prend donc fin ce jeudi, interdit la circulation de "véhicules équipés pour l’exercice d’une activité" dans la zone de Lyon-Techsud, dans le secteur de Gerland. "C'est une atteinte à la liberté de circuler, déplore Antoine Baudry, de l'association Cabiria , qui vient en aide aux personnes prostituées. Ce quartier est en restructuration et les enjeux économiques font que les entreprises passent avant les prostituées."

"Maintien de l'ordre public"

De son côté, la Ville répond que "des riverains se sont plaints" et que l'arrêté en question a été pris "afin d’assurer le maintien de l’ordre public, auquel la concentration massive de véhicules avait porté atteinte, notamment suite à des problèmes de salubrité et de sécurité." Saisi par une association de défense de travailleuses du sexe, le tribunal administratif de Lyon vient de donner raison à la municipalité.

La mairie précise que "seule une nouvelle situation d’occupation irrégulière et génératrice de graves troubles à l’ordre public pourra susciter une nouvelle mesure de police" prise par le maire. "Je pense que ce type d'arrêté sera reconduit", souffle Karen, prostituée. Comme plusieurs de ses collègues, elle préconise la mise en place de terrains aménagés où les travailleuses du sexe pourraient exercer en toute quiétude.
 

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