Lyon : soupçonnés d'avoir menti sur leur âge, deux lycéens emprisonnés

FRANCE

POLEMIQUE – Lorsqu'ils sont arrivés en France en 2012, Narek et Alkasim ont déclaré être mineurs. Mais des tests osseux démontrent le contraire. Les deux lycéens, respectivement originaires de Russie et du Tchad et scolarisés à la cité scolaire Parc Chabrières d'Oullins et au lycée Charlie-Chaplin à Décines, ont été incarcérés à la prison de Lyon-Corbas pour y purger des peines de prison ferme.

Deux lycéens, une manifestation. Ce mercredi après-midi, environ 120 personnes se sont rassemblées devant la préfecture du Rhône à Lyon pour réclamer la libération de Narek et d'Alkasim. Les deux garçons, respectivement originaires de Russie et du Tchad et scolarisés à la cité scolaire Parc Chabrières d'Oullins et au lycée Charlie-Chaplin à Décines, ont été condamnés pour "escroquerie" à deux et quatre mois de prison ferme et purgent actuellement leur peine à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas.

Leurs situations sont quasiment semblables : lorsqu'ils arrivent en France en 2012, ils affirment être mineurs. Ils sont alors pris en charge par le conseil général au titre de l’aide aux “mineurs isolés étrangers”. Hébergés dans un foyer, ils bénéficient d'un encadrement éducatif, de vêtements ou de nourriture. Sauf que des examens de masse osseuse réalisés par la police de l'air et des frontières, qui doutaient de leurs papiers d'identité, révèlent que les deux jeunes seraient en réalité majeurs (entre 19 et 26 pour Narek et entre 21 et 35 ans pour Alkasim).

"Les tests ne sont pas fiables"

Pour ce mensonge présumé, ils risquent l'expulsion du territoire à leurs sorties de prison. "Narek est un élève méritant et motivé qui a trouvé sa place, assure Philippe Blandonnet, son professeur d'histoire. Nous sommes choqués et remettons en cause la fiabilité de ces tests osseux." Ses camarades abondent dans ce sens. "Le jugement a été trop rapide", dénonce Pierrick, "il n'y a pas suffisamment de preuves", ajoute "Axelle.

Même son de cloche concernant le cas d'Alkasim. "Les tests ne sont pas suffisants, relève Me Julien Lambert, son avocat. Une table de comparaison avec pour référence les populations caucasiennes et eurasiennes est utilisée pour les réaliser. Or, elle n’a pas été actualisée depuis quinze ans et n’est pas adaptée aux populations africaines.” Les deux lycéens ont en tout cas décidé de faire appel. De son côté, la préfecture rappelle que les cas de "faux mineurs isolés" relèvent d'une "infraction pénale" et qu'elle ne fait "qu'appliquer la loi." Une délégation de professeurs et de membres de RESF a été reçue ce mercredi par le directeur de cabinet du préfet.

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