Lyon : une bénévole de l’association Aides tabassée par la police ?

Lyon : une bénévole de l’association Aides tabassée par la police ?

France
DirectLCI
SOCIÉTÉ – L’association de lutte contre le sida affirme que les forces de l’ordre ont frappé Patricia, l’une de ses volontaires, lundi matin. Celle-ci, en situation irrégulière et retenue au centre de rétention administrative de Lyon-Saint-Exupéry, avait demandé à quitter l’avion qui devait l’emmener au Cameroun.

Patricia E. a-t-elle été victime de violences policières ? Placée dans le centre de rétention administrative de Lyon-Saint-Exupéry depuis le 19 janvier, cette militante de l’association de lutte contre le sida Aides aurait été "passée à tabac" par les forces de l’ordre.

Ressortissante camerounaise de 45 ans arrivée en France en 2003, elle habite en Haute-Savoie et est actuellement sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. Lundi, alors qu’elle embarque dans un avion pour Douala, Patricia, en pleine détresse, aurait fait part de sa situation au pilote et serait parvenue à le convaincre de ne pas décoller avec elle à bord.

Le préfet écrit au procureur

"En descendant de l’appareil, elle a été poussée à terre et frappée par les policiers. L’un d’eux lui a même écrasé le genou avec sa chaussure", raconte Nicolas Charpentier, volontaire à l’association Aides joint par metronews. De retour au centre de rétention, les policiers n’auraient pas souhaité recueillir sa plainte. "Elle nous a expliqué qu’elle avait subi des pressions et qu’un des agents lui aurait dit qu’une plainte ne ferait qu’accélérer son expulsion", poursuit Nicolas Charpentier, qui dénonce des "violences inacceptables."

Ce mardi, le préfet du Rhône Jean-François Carenco a saisi le procureur de la République à Lyon pour faire la lumière sur cette affaire. "Compte tenu de la gravité des allégations de l'association Aides, je vous saisis […] afin de déterminer la réalité des faits ou leur caractère mensonger", écrit-il. Selon Aides, Patricia doit être présentée ce vendredi devant le juge des libertés à Lyon afin de savoir si elle est maintenue ou non en centre de rétention.
 

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter