Malaise chez les soignants au CHU de Nantes

Malaise chez les soignants au CHU de Nantes

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SANTE – La réorganisation des services et la suppression de postes passent mal chez les infirmiers et aides-soignants de l’Hôtel-Dieu, qui dénoncent la dégradation des conditions de travail.

"Les collègues sont épuisés. Tous les jours dans les services, on voit des filles pleurer, trop fatiguées." Sylvie Moisan, déléguée FO, évoque les conditions "dégradées" de travail au CHU, chez les infirmiers et aides-soignants.  Depuis le 29 janvier, les services "hépato-gastroentérologie" et "tête et cou" sont ainsi en grève, contre la suppression annoncée de 500 postes, d’ici 2 025. Cette mesure de la direction vise à réorganiser les services et accompagner le transfert de l’établissement sur l’île de Nantes.

Ce déménagement, c'est la goutte de trop pour les soignants, déjà confrontés à une hausse de l’activité de 25%, selon FO. "On est déjà surchargées de travail, et ils veulent supprimer 8 infirmières en ORL. Cela va être impossible", craint une aide-soignante. Pour Virginie, en poste depuis 4 ans, le patient sera le premier à en pâtir : "Dans notre service, on accueille des cas très lourds, beaucoup de personnes en fin de vie, qui demandent du temps et de l’attention. On risque de les mettre en danger, en faisant des erreurs." Car elle travaille sous la pression : "Les familles se plaignent parce qu’on n’est pas disponible. C’est un cercle infernal."

"Nous sommes usées"

Aujourd’hui, la jeune fille dit "prendre sur elle" : "Mais nous sommes usées. On nous dit qu’il faudra prioriser les tâches, choisir de changer la couche, ou mettre dans le fauteuil. J’ai été formée pour sauver des vies, m’occuper du patient dans sa globalité. Pas pour ça." Alors, beaucoup craquent : son service compte six arrêts de travail depuis le début d’année. Une mère de famille témoigne pour sa fille, 24 ans, qui enchaîne les interruptions de travail : "Les aides-soignants sont en bas de l’échelle, et subissent toutes les tensions. Tout le monde est à cran, sur les nerfs. Ma fille qui commence sa vie professionnelle est dégoûtée. Elle est soignée aujourd’hui pour dépression."

Le mouvement peine pourtant à s’étendre. Une manifestation organisée lundi a rassemblé une cinquantaine de salariés. Une faible proportion sur le millier de personnes qui travaillent au CHU. "Tout l’hôpital parle de ces problèmes. Les chirurgiens nous soutiennent", assure Sylvie Moisan. Les salariés espèrent mobiliser davantage lundi, à l’occasion d’un comité technique d’établissement. 

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