Manifestation devant l'ambassade de Pologne à Paris contre l’interdiction totale de l’IVG

FRANCE

DROITS DES FEMMES - Un millier de personnes ont manifesté ce dimanche devant l'ambassade de Pologne à Paris pour protester contre le projet de loi visant à interdire l'avortement en Pologne

"Vous étiez avec nous en avril pour protester contre le projet de loi interdisant l’avortement en Pologne. La bataille continue, ce projet est actuellement devant l’Assemblée et risque de passer. Nous ne sommes pas d’accord. Aidez-nous à montrer notre soutien aux femmes en Pologne. Retrouvez nous devant la stèle de Solidarnosc aux Invalides, venez déposer les avis d’obsèques de droits des femmes en Pologne". L'appel avait été lancé par le collectif "Nous d'abord".

Il a visiblement été entendu. Un millier de personnes a manifesté ce dimanche après-midi devant l'ambassade de Pologne à Paris. Présente sur place, Raphaëlle Rémy-Leleu, la porte-parole d'Osez le féminisme, a réagi sur LCI : "Nous sommes totalement solidaires avec les femmes polonaises et nous avons beaucoup d'admiration pour leur combat". 

"Un collectif franco-polonais doit se réunir dans les prochains jours pour parler de la suite à donner à ce mouvement. Nous souhaitons par exemple organiser une manifestation internationale à Bruxelles, car notre combat pour le droit des femmes ne doit pas avoir de frontières", a-t-elle ajouté. "Nous souhaitons, par ailleurs, que le droit à l'IVG soit inscrit dans la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne".

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    Le nouveau projet de loi prévoit l'interdiction de l'IVG en toutes circonstances

    A l'image du rassemblement, qui a eu lieu samedi 1er octobre dans la capitale polonaise, les manifestants parisiens étaient également tous vêtus de noir, en signe de protestation contre ce projet de loi visant à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse.  

    Le Parlement polonais, dominé par le parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir, examine depuis ce jeudi ce texte, selon lequel toute femme qui avorterait et les personnes qui l'y aideraient encourraient jusqu'à cinq ans de prison. La législation polonaise en la matière est déjà l'une des plus restrictives de l'Union européenne en autorisant seulement l'avortement dans le cas d'une grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste, d'une grave pathologie du foetus ou de risques pour la vie ou la santé de la mère.  

    Le nouveau projet de loi prévoit l'interdiction de l'IVG en toutes circonstances, sauf lorsque qu'il est nécessaire pour sauver la vie de la femme enceinte. "Il aura pour conséquence de mettre la santé des femmes en danger, et de placer les médecins dans des situations impossibles", dénonce Amnesty International dans un communiqué.  

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      Un projet de loi qui fait également vivement réagir sur Twitter.

      Les Polonaises se mettent en grève lundi

      Cette "protestation noire" doit se poursuivre lundi 3 octobre, jour où les Polonaises ont prévu de se mettre en grève pour défendre le droit à l'avortement. Sur la page Facebook de l'événement, près de 80.000 personnes ont indiqué vouloir y participer. 

      "Nous annonçons une grève préventive d'une journée. Nous l'avons nommée 'Grève générale des femmes'. N'allez pas au travail ou à l'université. Prenez une journée libre, prenez une journée pour vous occuper de votre enfant (garantie par la loi sur le travail). Fermez votre commerce", dit cet appel lancé par l'actrice Krystyna Janda, traduit par Courrier international.  

      En France, un autre rassemblement doit avoir lieu ce lundi à Rennes.

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