Manifestations en ville : les commerçants toulousains saturent

FRANCE

SOCIAL – En trois semaines, Toulouse a connu quatre manifestations. Deux d'entre elles ont dégénéré. Une situation dont se plaignent les commerçants, inquiets de voir les clients déserter le centre-ville.

"Trop de manifestations tuent les manifestations". Calé dans le fauteuil d'un magasin de vêtements de la place Wilson, un client soupire à l'idée qu'un nouveau défilé arpente les rues samedi après-midi.

Car demain et, pour la troisième semaine de suite, les slogans et les banderoles vont envahir le centre-ville. Cette fois-ci, se sont les syndicats qui appellent à se mobiliser contre l'austérité. Les CRS et les policiers seront également présents.

Fermeture à 15 heures au lieu de 21 heures

Du côté des commerçants du cœur de ville, dont la plupart ont été contraints de baisser les rideaux de leurs boutiques les deux derniers samedis après les violents affrontements qui ont opposé les anti-barrages de Sivens aux forces de l'ordre, on sent un début d'exaspération.

"La semaine dernière, on a fermé à 15 heures, alors qu'habituellement on sert les clients jusqu'à 21 heures", expliquent les deux vendeuses d'une boulangerie près des allées Jean-Jaurès. "La perte de ces six heures de recettes, personne va nous les rembourser !"

Odeurs de lacrymo et scènes d'affrontements

Derrière le comptoir de son magasin de textile donnant sur la place Wilson, Vincent de Lignières affirme avoir fermé seulement quinze minutes il y a une semaine, malgré les recommandations des pouvoirs publics. "'C'est une façon de ne pas donner de crédit aux casseurs qui se greffent sur les cortèges", explique-t-il, tout en reconnaissant que les odeurs de lacrymo et les scènes d'affrontements dans les rues ont plombé l'activité commerciale en novembre.

A la tête d'une association qui regroupe 150 commerçants de l'hyper centre, Simon Koubi dresse un tableau noir de la situation. "Le problème, c'est que les gens ont peur, ils ne viennent plus en ville, constate-t-il, à cause de trente ou quarante casseurs. Ce n'est pas normal".

A quelques semaines de Noël, alors que les Toulousains font leurs premières courses en prévision des fêtes de fin d'année, cette situation est délicate à gérer. "D’autant plus que les magasins réalisent entre 40 et 50% de leur recette hebdomadaire le samedi", ajoute Simon Koubi. Demain après-midi, il espère que la plupart des enseignes resteront ouvertes malgré la nouvelle manifestation.

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