Mariage gay invalidé : l’élue destituée par Samia Ghali

FRANCE
POLITIQUE – Sabrina Hout, élue des XV et XVIeme a été écartée pour avoir refusé de célébrer une union gay. La maire, Samia Ghali, s'est expliquée dans les colonnes de La Provence.

Samia Ghali a tranché. La maire PS des XVème et XVIème arrondissements de Marseille a décidé de débarquer l’élue qui avait refusé de célébrer un mariage gay  le 16 août dernier. "Je m'en serais bien passé", regrette-t-elle dans les colonnes de La Provence . "J'ai été en colère parce qu'on n'a jamais eu ce genre de problème. Elle ne marie plus et ne touche plus aucune indemnité".

Elle, c’est Sabrina Hout, adjointe à la Famille, donc préposée aux unions maritales. Egalement officier d’état, elle refuse en coulisse de célébrer l’union de Claude et Hélène, et demande à un conseiller municipal, qui n’en a pas les pouvoirs, de la remplacer. De ce fait, le mariage est entaché de nullité - une première en France - même si elle signe les documents une fois les consentements échangés. Fin août, la sénateur-maire de secteur Samia Ghali est informée de l’affaire. Elle prend alors le temps de la réflexion, la sanction ne tombant que mi-octobre et tente, aujourd’hui, de comprendre le refus de sa désormais ex-collaboratrice. "Je reste persuadée que ce n’est pas pour elle qu’elle a agi de la sorte..."

Des pressions morales ?

On comprend alors que - comme certains témoins auditionnés par la police l'ont affirmé -, l'élue aurait cédé à certaines pressions religieuses de son entourage. Un témoin aurait assuré aux enquêteurs que Sabrina Hout a déclaré que "cette union n'est pas compatible" avec ses croyances musulmanes.

L’affaire fait également réagir l’élu communiste Jean-Marc Coppola. "C’est scandaleux cette histoire ! On peut avoir des convictions religieuses, mais lorsqu’on est élu, on respecte la règle et la laïcité".

Au niveau pénal, selon La Provence, le parquet de Marseille pourrait s'en tenir à un simple rappel à la loi. "Cette décision ne nous satisferait pas du tout ! Nous subissons une grave discrimination, et l'on parle tout de même d'un faux document administratif. Nous irons jusqu'au bout", affirme, déterminée, Claude, la première victime de cette affaire.
 

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