Marseille contre Plan-de-Campagne : la guerre des centres commerciaux est déclarée

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ECONOMIE - Les Terrasses du Port, le plus grand centre commercial marseillais ouvre ses portes ce samedi. Avec 400 millions d'euros d’investissement, 190 commerces et une vue imprenable sur la rade, les promoteurs espèrent concurrencer le géant Plan-de-Campagne.

Avec l’arrogance du challenger, ils défient leur adversaire sans jamais le nommer. Hammerson, le promoteur britannique des "Terrasses du Port" à Marseille n’a qu’un but : rivaliser avec Plan de Campagn e. "Plan" comme on l’appelle ici, est la plus grande zone commerciale d’Europe. Un temple de l’offre qui a surtout le privilège d’ouvrir le dimanche. En conséquence, comme l’a chiffré de PDG d’Hammerson France Jean-Philippe Mouton, "entre 600 millions d'euros  et 1 milliard d'euros sont dépensés chaque année en dehors de Marseille".

Les marqueteurs assurent avoir bien fait leur étude de marché et être totalement sûrs de leur coup : "dans ce métier, il n’y a pas de pari" résume Jean-Philippe Mouton. Alors les terrasses ouvriront sept jours sur sept et se plieront à toutes les exigences du client roi du service de taxi au styliste à la demande. Le choix des enseignes est également important : ici 190 dont une trentaine de points de restaurations divers et variés .

"Wahou effect" et effets pervers ?

En superficie, nous sommes bien loin de "Plan" mais les "Terrasses" ont d’autres attraits à proposer aux Marseillais. Au-delà des "concepts marketing innovants" vantés et vendus à tour de bras par la direction du centre commercial, le point fort des "terrasses", c’est sa position géostratégique. Les étages supérieurs offrent une vue sur la rade de Marseille jusqu’au mythique quartier de l’Estaque. Architecte et promoteurs ont mis le paquet pour provoquer ce que les marqueteurs appellent le "wahou effect".

Au-delà de du style très  "promenade des anglais", et de l’enthousiasme exhubérant des responsables du centre commercial , les "terrasses" ne risquent-elles pas de faire mal aux commerçants du centre-ville marseillais ? Pour le promoteur Jean-Philippe Mouton la réponse est négative : "nous créons déjà un emploi stable pour 1986 marseillais et nous exploitons une zone de chalandise nouvelle avec 1,5 millions de croisiéristes débarquant tous les ans sur le port" assure le directeur d'Hammerson France. Non loin de là, casquette vissée sur la tête Michel vend des chaussures sur le marché de la Joliette. Lui non plus ne pense pas que la concurrence lui nuise : "Nous n’avons pas la même clientèle. C’est populaire ici. C’est entre galeries commerciales qu’ils vont se concurrencer, ils vont se bouffer entre eux, je n’ai pas de crainte" conclut le commerçant.
 

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