Marseille : le collectif, c'est la tasse de thé des ex-Fralib

Marseille : le collectif, c'est la tasse de thé des ex-Fralib

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ECONOMIE – Au terme de 1336 jours de combat pour maintenir leurs machines de conditionnement de thés et infusions dans l’usine de Gémenos, les ex-Fralib ont réussi leur pari. Une nouvelle marque va être produite par des employés engagés dans leur nouvelle fonction.

D’apparence l’usine des ex-Fralib de Gémenos est une usine comme les autres. Sur la façade, le nom de la nouvelle entité Scop TI a remplacé la marque Eléphant. Dans une vitrine à l’entrée des bureaux, les boîtes de thés de la marque "1336" sont soigneusement alignées. En tenue, les salariés s’affairent autour des machines. Rien de plus normal. À quelques exceptions près. Peint au sol, un message défraîchi, "dehors Lavera" rappelle l’opposition des employés à leur ancien directeur. Ici et là, des portraits du Che illustrent leur détermination. Autant de signes, symboles de 3 ans et demi de lutte.

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Quand il replonge dans ses souvenirs de combat, Olivier Leberquier ponctue souvent ses phrases par le mot "copain". Une vieille habitude du temps où il était syndicaliste dans l’usine. Mais les temps ont changé. Devenu directeur général adjoint de la coopérative, il conçoit que les deux seront désormais "difficilement compatibles". Mais qu’importe, l’aventure collective se conjugue désormais au futur . Que ce soit dans les moments de joie ou de peine, "les copains" ont "toujours eu conscience que l’entreprise devait continuer". 

Les salariés au cœur du nouveau projet

Des 182 employés en 2010, 76 sont allés jusqu’au bout. Avec les nouveaux statuts, 26 sont salariés à temps plein. "Tout l’organigramme a été refait", confie dans son bureau situé au-dessus de l’usine de conditionnement de thés et infusions, Marc Décugis le nouveau directeur général. Quand on l’appelle "patron", un grand rire s’affiche sur son visage. Ce qui ne l’empêche pas de prendre la mesure de sa nouvelle fonction. "C’est de la folie", souffle-t-il en posant son regard sur un tableau où sont inscrites les principales commandes.

Du grammage de provisions de tilleuls, de verveine ou de menthe en passant par la taille des boîtes de thés, tout doit être rigoureusement sélectionné pour s’insérer dans les lignes de production. Ce sont elles le cœur de l’usine. Des machines censées partir en Pologne selon la volonté de l’ancien propriétaire Unilever. Nuit et jour, les employés ont veillé sur elles pour éviter la délocalisation. Pari gagné. En les regardant, Marc Décugis l’assure : "à plein régime, elles marchent du tonnerre". Mais pour l’ex-technicien de maintenance, "le vrai moteur de leur réussite, ce sont les salariés".

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