Marseille : les mères des quartiers "se sentent abandonnées"

Marseille : les mères des quartiers "se sentent abandonnées"

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FAIT DIVERS – Il y a un an, Yamina Benchenni créé le collectif du 1er juin pour alerter de la situation dans les quartiers face au trafic de drogue. Au lendemain de la mort d’un homme de 30 ans dans la cité de la Savine après un règlement de comptes, cette mère de famille se sent abandonnée.

La voix de Yamina Benchenni est empreinte d’espoir mais d’une pointe de lassitude aussi. Il y a un an, cette mère de famille avait alerté les autorités sur la situation des quartiers face au trafic de drogue après le triple meurtre de trois jeunes dans la cité des Bleuets. Un appel au secours largement médiatisé, porté jusqu’aux ministères de l’Intérieur et de la Justice. Mais un an après et au lendemain d’une semaine sanglante à Marseille avec la mort lundi d’un homme de 30 ans dans la cité de la Savine (15ème arrondissement), le constat est amer.

"On nous a abandonnées", déplore la fondatrice du collectif du 1er juin . Avec l’aide de plusieurs mères de famille, victimes collatérales du trafic de drogue et des règlements de comptes, elle avait soumis aux autorités 23 propositions pour aider les quartiers de Marseille à sortir de l’impasse. "Notamment pour la prise en charge des mineurs qui tombe dans le trafic ou les familles en besoin de relogement", détaille Yamina.

La peur des représailles

Des propositions simples qui font écho aux Zones de sécurité prioritaires (ZSP) mises en place dans les cités pour lutter contre les réseaux de stupéfiants. "Le souci, c’est que rien est fait pour sortir les jeunes du trafic, argue Yamina. Avec 50 euros pour faire les choufs (guetteurs dans les cités, ndlr), ils se croient beaux, oublient l’école et après c’est la dégringolade".

"L’autre problème concerne les familles victimes des trafics ajoute-t-elle. Il existe des moyens de relogement, mais ça prend trop de temps et certaines mères dont le fils a été tué n’osent plus sortir de chez elles par peur des représailles". Une crainte qu’elle ressent elle-même lorsqu’elle rend visite à ces familles endeuillées. "C’est très délicat car je sais que je suis surveillée. Les trafiquants savent qui je suis allée voir avec qui j’ai parlé alors que moi je ne dis rien à l’extérieur". Une forme de pression dans un univers "où les choses peuvent encore changer en créant des lieux d'accueil neutres", espère Yamina.

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