Marseille : mystérieux incendie d’un campement de Roms

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FAIT DIVERS - Un feu s'est déclenché tôt dimanche dans un campement de Roms à Marseille. Toutes les habitations ont été détruites. Aucune victime n'est à déplorer.

L’odeur de brûlé se dissipe peu à peu, mais reste toutefois bien présente. Quelques heures après le violent incendie survenu dans le campement de Roms de l’avenue du Cap Pinède , seuls des tas de cendres noirs rappellent les abris de fortune construits à la hâte près du marché aux puces où les habitués du dimanche défilent dans l’indifférence. Par miracle, sur les 45 Roms du site, aucun n’a été blessé lors du sinistre survenu au petit matin. "Je suis parti vite, très vite", répète inlassablement une femme tenant près d’elle les quelques vêtements sauvés in extremis.

À ses côtés, les yeux visiblement rougis par la fumée, un solide gaillard fait les cent pas sur le bord de la route. "Où aller ?", dit-il tandis que tous s’interrogent sur les raisons du sinistre. "Ça vient d’en haut", assure un adolescent en désignant l’autoroute située quelques mètres au-dessus du campement. Faute d’interprète, personne ne pourra traduire dans le détail les explications du jeune homme. Par les gestes, un autre nous explique cependant qu’un produit enflammé a été jeté par-dessus la barrière de la passerelle.

Une enquête ouverte

Une version un peu hâtive semble soutenir la préfète déléguée pour l’égalité des chances, Marie Lajus. "Les personnes que j’ai pu rencontrer ne m’ont pas parlé de cela. Le risque d'incendie est plus fort sur des habitations précaires", indique-t-elle à quelques mètres de la police scientifique en train d’inspecter les débris. "Selon les premiers éléments de l'enquête, il s'agit a priori d'un incendie d'origine accidentelle", ajoute une source judiciaire.

"Bien sûr qu’un tel acte est possible", souffle pourtant de son côté Philippe Dieudonné, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) dans le département. 'On a beaucoup parlé de l’incendie de la cité des Créneaux, mais ça arrive que des gens veuillent détruire par eux-mêmes des campements. La haine contre les Roms n’a pas de limite'. En attendant de comprendre les raisons exactes du sinistre, une solution de relogement dans un hôtel réquisitionné a été proposée aux familles Roms. A la demande de la préfecture, le propriétaire du terrain RFF doit maintenant boucler le site pour 'prévenir toute nouvelle occupation'.
 

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