Marseille perd-elle de son authenticité ?

Marseille perd-elle de son authenticité ?

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CULTURE - La chambre de commerce et d’industrie vient de faire le bilan économique de l’année Capitale européenne de la culture. Si les voyants sont au vert, les touristes font un constat : les professionnels perdent la spontanéité méditerranéenne qui les caractérise

"Il s’est passé quelque chose à Marseille", glisse le président de la chambre de commerce et d’industrie (CCI). Enthousiaste, Jacques Pfister, dresse le bilan économique de l’année 2013, Capitale européenne de la culture. Tous les voyants sont au vert avec 10 millions de visiteurs et la séduction de nouvelles clientèles, notamment les généreux touristes chinois.

Un sans faute ? Pas tout à fait, reconnaît Franck Recoing, le vice-président de la CCI. Quelques bémols ressortent des études d’opinion menées auprès des touristes : désagréments avec la saleté, insécurité, lenteurs du service au restaurant et difficultés à se faire comprendre dans une langue étrangère. Des travers quasi historiques ici. Au total, entre 7 et 11% d'insatisfaits, tous critères confondus, ont ainsi été enregistrés dans une étude BVA. Plus inattendu, les touristes relèvent une "perte d’authenticité" des hôteliers, restaurateurs et commerçants marseillais.

Marseille n’est pas Paris

Roland, coiffeur à la Capelette (Xe), n’est pas surpris : "Ils ont voulu imiter Paris mais Marseille c’est un port, pas les Champs-Elysées", note cet ancien restaurateur. Pire : selon Roland ces observations des touristes sont la conséquence de la mort des petits commerces. "Regardez bien, quand vous vous baladez, les bars et les restaurants appartiennent à des grosses chaînes. La spontanéité des petites structures, c’est fini", observe Roland.

Trainant péniblement sa valise à roulettes sur le quai du Vieux-Port, Catherina n’est pas tout à fait d’accord. Tout juste arrivée à Marseille pour y passer son troisième séjour en autant d’années, cette Italienne observe un changement des mentalités chez les professionnels : "Marseille change, les gens aussi, mais il ne faut pas généraliser. C'est vrai qu'en centre-ville je retrouve un peu moins de cette folie qui caractérise les Marseillais mais tout dépend du quartier que vous fréquentez".


 

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