Mélenchon raille Hollande le "fossoyeur" et Montebourg le "tireur dans le dos"

FRANCE

FRONT DE GAUCHE – L'ancien candidat à la présidentielle a démissionné de la coprésidence du PG mais il n'a rien perdu de son mordant. Dimanche, il a de nouveau critiqué François Hollande lors de l'université d'été du Parti de gauche, multipliant les appels du pied aux écologistes.

Jean-Luc Mélenchon est encore loin de la retraite . L'ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle, qui a annoncé vendredi qu'il quittait la coprésidence du Parti de gauche (PG), entend toujours critiquer la politique de l'exécutif dès qu'il en a l'occasion, comme dimanche à Grenoble lors des "Remue-méninges", l'université d'été du PG qui se tenait depuis jeudi.

François Hollande ? Pour le député européen, c'est un "fossoyeur", "pire" que Nicolas Sarkozy, qui a "réussi à diviser son gouvernement" après avoir divisé la gauche et divisé sa majorité. Les députés frondeurs du PS ? " Ils manquent de courage et confondent l'Assemblée nationale avec le congrès du PS". Même Arnaud Montebourg, qui a pris ses distances avec la politique menée par l'exécutif dans une interview donnée au Monde samedi, en prend un peu pour son grade.

Un hommage à Cécile Duflot

Pour Jean-Luc Mélenchon, le ministre de l'Economie est un "tireur dans le dos", qui "qualifie la politique du président de la République de sinistre politique". "Mais qu'est-ce que vous voulez que j'ajoute à ça, moi?", a-t-il ironisé sous les rires et les applaudissements des militants alors que Benoit Hamon et Arnaud Montebourg sont présents à la Fête de la Rose dimanche à Frangy-en-Bresse. "Voici maintenant deux ministres, et non des moindres, qui vont se réunir cet après-midi (dimanche, ndlr) pour tailler en pièce la politique du gouvernement auquel ils participent", s'est-il réjoui.

L'ancien candidat à la présidentielle affirme avoir tiré les leçons de l'échec du Front de gauche, qui n'avait récolté que 6,33 % des voix aux dernières européennes. S'il n'a pas digéré que les communistes s'allient aux socialistes lors des élections municipales, il assure ne pas vouloir "détruire le Front de gauche car c'est nous qui l'avons créé". "Mon problème n'est pas de rassembler la gauche, c'est de fédérer le peuple", estime-t-il cependant.

A Grenoble, ville dont le maire est membre d'EELV, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau fait un appel du pied aux écologistes. L'eurodéputé a ainsi salué l'appel de l'écologiste Eva Joly en faveur d'une "autre primaire à gauche", dans lequel elle plaide en faveur d'une alliance avec le Front de gauche. Il a aussi rendu hommage à l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot, qui "a enlevé la muselière, je la félicite", se disant prêt à travailler avec "les écologistes en dissidence". Le début d'une convergence à gauche de la gauche ?

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