Une exposition recouverte à trois reprises de tags homophobes, son photographe dénonce un acharnement

Une exposition recouverte à trois reprises de tags homophobes, son photographe dénonce un acharnement

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(IN)TOLÉRANCE - Le photographe Olivier Ciappa a dénoncé ce lundi "un acharnement homophobe" et regretté "une banalisation" de l'homophobie après de nouvelles dégradations, pour la troisième fois en un mois, sur des photographies de son exposition "Les couples de la République" à Metz.

Olivier Ciappa ne décolère pas. Son exposition de photographies "Les couples de la République", installée dans un square à Metz, a été recouverte de tags homophobes pour la troisième fois depuis le début du mois de juin. Dans la nuit de samedi à dimanche, douze clichés en noir et blanc, accrochés le long de la Moselle, ont été recouvertes du mot "Non" en lettres rouges. 


Sur certaines d'entre elles, dont celles représentant les acteurs Grégory Questel et David Baïot, posant avec chacun un enfant dans les bras, ou les actrices Muriel Robin et Mireille Darc, le sigle AF a été apposé. Des autocollants de l'Action française, groupuscule d'extrême droite, ont aussi été découverts sur certaines bâches. "Ce qui est le plus choquant, c'est qu'on sent une vraie banalisation. On a accepté que l'exposition soit abîmée à nouveau", a réagi auprès de l'AFP Olivier Ciappa. 

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Une vraie tentative d''invisibilisation' d'une population.Olivier Ciappa

L'exposition, organisée en plein air par l'association LGBT "Couleurs Gaies" au square du Luxembourg dans le cadre d'un festival, montre des couples enlacés, LGBT anonymes, hétérosexuels et de stars. Le président de l'association, Matthieu Gatipon-Bachette, s'attendait à ce que cette exposition dérange. Mais qu'elle fasse "l'objet d'une attaque ciblée, revendiquée, c'est plus inquiétant", a-t-il estimé.


"C'est un acharnement homophobe", a encore dénoncé Olivier Ciappa, rappelant que les passages piétons recouverts d'arc en ciel à Paris avaient été recouverts de peinture blanche et d'inscriptions homophobes quelques jours avant la marche des fiertés samedi. Le photographe associe ce vandalisme à "une vraie tentative d''invisibilisation' d'une population". "Les homosexuels, c'est 5 à 10% de la population et il y a 300.000 familles homoparentales en France. Quand on essaie d'exister un peu sur l'espace public, de faire partie de la société, il y a des personnes qui tentent de nous effacer", a-t-il regretté.

Lors d'une réunion lundi après-midi en mairie avec l'association Couleurs Gaies et la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), "la volonté de déposer une plainte commune" a été évoquée, a précisé le service communication de la Ville de Metz. La mairie et la Drac se sont engagées à financer la réimpression de toutes les bâches sur lesquelles sont imprimées les photographies. Celles-ci seront à nouveau exposées mais sur "un site procurant une visibilité accentuée et vidéo-surveillé", a-t-on ajouté.  

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