Mission Rosetta : "Parvenir à se poser sur une comète serait une première mondiale"

FRANCE
EVENEMENT – Mercredi 12 novembre, le robot Philae va se décrocher de la sonde Rosetta pour tenter se poser sur une comète. Objectif : découvrir si les comètes ont contribué à amener la vie sur Terre. Rencontre avec Philippe Gaudon, le chef de projet de la mission Rosetta au CNES de Toulouse.

Quelle va être la mission des ingénieurs du CNES de Toulouse mercredi ?
Nous n'allons pas piloter le robot Philae avec une manette en temps réel ! Ce serait impossible, la communication ne pouvant s'établir depuis la Terre qu'en 28 minutes. Nous avons envoyé à Philae un plan de travail lui indiquant les étapes à suivre. Il doit se décrocher de Rosetta à 9h35 et atterrir sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko à 16h34. Pendant la descente, nous allons veiller à ce que Philae garde une position verticale pour se poser correctement, vérifier que la dizaine d'instruments embarqués envoient des mesures. Il faudra réceptionner leurs données ainsi que les photos prises par le robot lors de sa descente et à son atterrissage où il enregistrera une vue à 360 degrés.

Que va nous permettre d'apprendre Philae ?
Dix instruments d'analyse sont embarqués sur le robot. Pendant plusieurs mois, ils vont mesurer la composition de la glace et des poussières en forant le sol à 25 centimètres de profondeur. Il pourra faire cela sur ses piles pendant 50 heures avant que ses panneaux solaires ne rechargent ses batteries. Grâce aux données recueillies, les scientifiques vont confirmer ou infirmer l'hypothèse selon laquelle les comètes ont apporté, en frappant notre planète il y a plusieurs milliards d’années, l’eau de nos océans, et les "briques organiques" ou acides aminés nécessaires au développement de la vie du Terre.

Comment vous-sentez vous à l'approche de ce moment crucial ?
Voilà dix ans et demi que la sonde a été lancée dans l’espace, c'est un aboutissement. Personnellement cela fait treize ans que je travaille sur le projet Rosetta. Comme pour toute l’équipe, la tension monte. Se poser sur une comète serait une première mondiale. Se poser sur un corps de 5,4 km à 510 millions de km de la Terre est une mission risquée. La probabilité de réussir n'est pas de 100%. Certains systèmes n'ont pas fonctionné depuis douze ans, il faut que le train d'atterrissage se déploie correctement, qu’un propulseur plaque Philae sur le sol et les harpons lui permettent de s'accrocher. D'autant que sur la zone d'atterrissage qui est de 900 mètres sur 600 mètres, il y a des rochers et des falaises. Si la mission réussit, c'est une prouesse.

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