Mort de la petite Eden à Chaponnay : "Nos vies sont anéanties"

Mort de la petite Eden à Chaponnay : "Nos vies sont anéanties"

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JUSTICE - Le 30 juillet 2014 à Chaponnay, dans le Rhône, un chauffeur-livreur percutait une poussette en sortant d'un parking. Eden, 18 mois, était mortellement touchée. Le conducteur, qui roulait ce jour-là sous l'emprise du cannabis et n'avait plus de permis de conduire, était jugé ce lundi.

"Aujourd'hui, ma souffrance est ridicule par rapport à celle de cette famille tout entière." Ces mots, ce sont ceux de Robin F. ce lundi après-midi devant le tribunal correctionnel de Lyon. Le 30 juin 2014 en fin de matinée, ce chauffeur-livreur de 38 ans sort du parking de la place Charles-de-Gaulle à Chaponnay, près de Lyon, au volant de son fourgon.  Par "manque de vigilance", il ne voit pas la poussette sur sa droite et la percute. Touchée à la tête, la petite Eden, 18 mois, succombera sur place à ses blessures. Jugé pour homicide involontaire, Robin F. avait consommé des stupéfiants quelques heures plus tôt, et son permis de conduire était invalidé à la suite de diverses infractions routières.

S'il ne se cherche "aucune excuse", le prévenu, crâne dégarni et polo bleu marine, explique que "son addiction" au cannabis est "probablement" l'une des causes du drame. "J'ai commencé à fumer très tôt, lorsque j'avais 12 ans, lâche-t-il à la barre, avant de fondre en larmes. Je ne me rendais pas compte que cette addiction me rendait aveugle. Je ne voulais pas voir qu'il y avait un problème. Je me voilais la face. Je pensais être un bon conducteur, un bon professionnel."

"Pas simplement un accident"

Il aura, mille fois hélas, fallu cette tragédie pour que ce Villeurbannais, père de deux enfants qu'il élevait seul, prenne conscience que consommation de stupéfiants et conduite ne font pas bon ménage. "Nos vies sont anéanties", estiment les membres de la famille d'Eden. "Ce n'est pas simplement un accident, c'est beaucoup plus que ça, lance avec émotion Audrey, la jeune maman de la fillette. On a perdu notre unique enfant, on devra vivre avec toute notre vie. Quand on fume du cannabis, c'est un acte volontaire, un choix. Ce n'est pas normal que Monsieur F. ait pris le volant…"

La procureure a requis une peine de trois ans d'emprisonnement dont deux avec sursis et mise à l'épreuve. Le tout assorti d'une obligation de soins, et de l'interdiction de repasser le permis pour une durée d'au moins cinq ans, voire à titre définitif. Le tribunal tranchera le 29 juin prochain.

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