Mort de Rémi Fraisse : manif sous haute tension à Nantes samedi ?

FRANCE

SOCIAL – Une nouvelle manifestation est prévue samedi à Nantes, dans la continuité des hommages rendus à Rémi Fraisse, décédé dans le Tarn dimanche 26 octobre. Après les débordements de lundi, le rassemblement sera particulièrement surveillé. Mais est difficile à évaluer.

"On peut s’attendre à tout." Olivier Tonnerre, membre du syndicat de Police Alliance à Nantes, affiche la couleur, sur la manifestation prévue à Nantes ce week-end. Dans la continuité des rassemblements en hommage à Rémi Fraisse, décédé lors d’une mobilisation contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, les Zadistes, militants opposés à Notre-Dame-des-Landes, ont appelé à un nouveau rassemblement samedi, à 14 heures devant la préfecture de Nantes.

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Les antifascistes ne désarment pas
Et le mot d’ordre, qui circule sur les réseaux sociaux, est clair : "Il ne faut pas laisser la pression retomber. Un camarade a été tué. Nous ne pardonnons pas", indique ainsi Action Nantes antifasciste. Le groupe radical appelle ainsi à "utiliser toutes les manières de faire, légales ou illégales, violentes ou non-violentes" dans cette lutte "contre la violence d’Etat". Un avant-goût a ainsi été donné lundi, où l’hommage à Rémi Fraisse, voulu comme pacifique, a dégénéré en fin de soirée. En cause, une centaine de militants dans les rangs, qui cherchaient l’affrontement. "Il y a des casseurs très violents, qui sont clairement là pour tuer du flic", s'emporte Olivier Tonnerre. "On le voit bien dans les tags qui ont été inscrits sur les façades."

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►  Les opposants à NDDL pas tous là
Samedi, la manœuvre s’avère délicate à anticiper pour les forces de l’ordre. Combien seront les manifestants ? Dur à estimer, d’autant que les associations "traditionnelles" d’opposants à Notre-Dame-des-Landes, l’Acipa et le Cédpa, ont choisi de se désolidariser du rassemblement, laissant la place aux militants les plus radicaux. Et rendant les informations plus difficiles à glaner : "C’est un milieu extrêmement fermé, qui communique par des réseaux alternatifs", indique la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). Jeudi, le groupe EELV de Loire-Atlantique, ainsi que Pascale Chiron, co-présidente des élus écologistes nantais ont également indiqué qu’ils "n’appelaient pas" à participer à la manifestation.

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Alliance veut plus de préparation
Pour éviter tout nouvel épisode de guérilla urbaine, l'accès au cœur du centre sera-t-il barré, comme cela avait été le cas lors de la manifestation anti-aéroport du 22 février dernier ? Rien n’est encore fixé. "Mais le dispositif d’ordre sera conséquent", précise la DDSP. Et les policiers seront préparés. Des défaillances ont en effet été pointées par le syndicat Alliance après les événements de lundi : "Est-il normal qu’on laisse des poubelles dans les rues, des chantiers où les casseurs se sont emparés de barres en fer, que les voitures de police se retrouvent coincées par les plots de l’hypercentre piétonnier ? Il faut mieux anticiper ces rassemblements !", pointe Olivier Tonnerre.

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"On paie les pots cassés à chaque fois"
Quoiqu’il en soit, malgré ce samedi férié, les magasins du centre ont annoncé qu’ils ouvraient, en horaires habituels. Même si certains sont fatigués de "subir" les dérives : "Le 22 février, on n’avait pas eu de casse, mais on avait dû fermer plus tôt : c’était la panique dans les rues, avec les charges de CRS… ", raconte une commerçante. "On paie les pots cassés à chaque fois."
 

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