Mort du juge Michel : un dossier toujours pas classé

FRANCE
BANDITISME - L'assassinat du juge Michel, qui enquêtait sur les réseaux de la "french connection" - trafic international de drogue entre la Provence et les Etats-Unis, continue de faire couler beaucoup d'encre. Une fiction et deux documents lui sont consacrés en cette fin d’année.

Sa mort violente avait bouleversé la France entière. Le 21 octobre 1981, le juge marseillais Pierre Michel était abattu de trois balles sur le boulevard Michelet alors qu’il rentrait chez lui. Plus de trente années après, le sujet reste accrocheur. En cette fin d’année, un film (La French, avec Jean Dujardin, sortie le 3 décembre) et deux livres paraissent.

"Ce meurtre a marqué toute une époque. Seulement trois juges ont été tués durant la cinquième république. C’est exceptionnel. Tuer un magistrat, c’est provoquer l’Etat" analyse Thierry Colombié, auteur d’un de ces récents ouvrages : La mort du juge Michel, contre-enquête sur la mort d’un incorruptible (éditions De La Martinière).

Il n’a jamais rencontré Zampa

Paradoxalement, selon cet auteur, "personne ne s’était vraiment intéressé à ce meurtre. En France, on a un problème avec les égouts de la République. Mon enquête montre les nombreux dysfonctionnements de cette époque" explique Thierry Colombié. Assassins et commanditaires ne seront arrêtés que cinq années plus tard, au hasard d’une arrestation en Suisse.

Ces film et documents sont également l’occasion de rendre hommage et revenir sur le profil d’un magistrat surnommé "le shérif" lors de sa lutte contre les réseaux de la french connection : "Il était courageux, il aimait la joute verbale avec un sens avoué de la provocation, mais il n’était pas téméraire. Il pilotait les enquêtes mais n’y participait pas" indique Thierry Colombié qui précise que le juge "ne cherchait pas à croiser les voyous. Il n’a d’ailleurs jamais rencontré Gaëtan Zampa".
 

Lire et commenter