Municipale à Nice : l’argent au cœur de la campagne

Municipale à Nice : l’argent au cœur de la campagne

DirectLCI
POLITIQUE – Metronews a demandé à Patrick Allemand, Marie-Christine Arnautu, Olivier Bettati, Michel Cotta, Christian Estrosi, Robert Injey, Jacques Peyrat et Philippe Vardon comment ils finançaient leur campagne électorale.

Combien dépense votre candidat ?
Dans le combat des municipales, tous les candidats ne boxent pas dans la même catégorie en termes de moyens. D’un côté, il y a les "poids lourds", ceux qui ont un confortable budget pour faire campagne.

C’est le cas de Patrick Allemand (PS), Marie-Christine Arnautu (FN), Olivier Bettati (DVD) et Christian Estrosi (UMP). Les trois premiers cités ont tous confié à metronews qu’ils disposaient de 148.000 euros pour le premier tour, ce qui correspond au plafond de remboursement. Le maire sortant, Christian Estrosi, devrait quant à lui dépenser beaucoup plus que ce qu’annoncent ses concurrents : "entre 200.000 et 250.000 euros".

En face, les quatre autres candidats disposent d’une enveloppe beaucoup plus modeste. Jacques Peyrat (Entente Républicaine) parle de 50.000 à 70.000 euros maximum. Robert Injey (Front de gauche) prévoit un budget "autour de 40.000 euros". Philippe Vardon (Nissa Rebela) mise 30.000 euros sur cette élection. Michel Cotta (ex-FN), enfin, n’a pas donné suite à nos sollicitations sur le sujet.


D’où viennent ces fonds ?
"Nous ne demandons pas de participation aux candidats de la liste, explique Xavier Garcia, le porte-parole du PS. La campagne est financée par un prêt bancaire contracté par la tête de liste", Patrick Allemand. Dans le cas du FN, le financement est assuré à 50 % par un emprunt contracté par Marie-Christine Arnautu, et le reste par un emprunt des colistiers. Christian Estrosi bénéficie de nombreux dons et de l’apport de ses colistiers.

"Nous assurons, moi et mes amis, le règlement sur nos deniers personnels", confie Jacques Peyrat. Du côté de Robert Injey, le PCF apporte 50 % du budget, le reste provient de partenaires, des candidats et d’une souscription. Pour Philippe Vardon enfin, l’argent provient de "petits dons de sympathisants, de colistiers, et d’un prêt de 5.000 euros du Bloc Identitaire. Dans l’entourage d’Olivier Bettati enfin, on ne précise pas l’origine de ces fonds.


Où va l’argent ?

"Nous dépensons beaucoup plus qu’en 2008 pour la location de salles, les prix ont grimpé en flèche", explique Xavier Garcia. Pour son meeting de lancement de campagne, dans le salon des Muses à Acropolis, la liste "Un autre avenir pour Nice" avait dû débourser près de 8.000 euros, en comptant la déco et "les tables pour les journalistes", ironisait alors Patrick Allemand. Mais le principal poste de dépenses reste les tracts. La liste de Patrick Allemand va en distribuer près de 600.000 durant la campagne.

Les meetings en présence de Marion Maréchal Le Pen, qui a réuni 400 militants le 7 décembre dernier, et celui programmé ce jeudi 20 mars avec Jean-Marie Le Pen, vont représenter une enveloppe de 20.000 euros dans le budget de campagne de Marie-Christine Arnautu. Les autres grosses dépenses concernent la location de la permanence rue Meyerbeer et l’impression des tracts et journaux de campagne, à 400.000 exemplaires au total avant le premier tour.

Chez Olivier Bettati, 50 % des fonds sont consacrés à l’imprimerie, pour tirer près de 400.000 tracts. Un quart des dépenses, soit 35.000 euros, va à la "création graphique" et à l’animation du site web et des applis mobiles. Des prestations réalisées par la société niçoise Toptimiz dont le directeur, Laurent Merengone, est en 39ème position sur la liste. Enfin, 15 % du budget est consacré aux réunions publiques, 5 % aux goodies (tee-shirts, badges, drapeaux, bracelets, ballons et cornes de brume), et 5 % aux frais administratifs.

Pour Christian Estrosi, ce sont les meetings, nombreux, qui grèvent le budget. Le maire-candidat a lancé sa campagne à Acropolis en novembre, puis multiplié les "conventions thématiques" avant un grand meeting au Palais de la Méditerranée il y a un mois , avant de retourner à Acropolis dimanche dernier. Autre poste de dépenses important pour Christian Estrosi : l’envoi de sa lettre de candidature à 60.000 Niçois en octobre.

Pour Jacques Peyrat aussi, les frais d’impression des tracts et affiches représentent un gouffre financier, auquel s’ajoutent près de 6.000 euros de location pour sa permanence située rue de France.

Comme l’ancien maire de Nice, Robert Injey n’a "pas d’agence de com pour réaliser nos tracts, affiches et programme relié". Pour ses réunions publiques, le candidat communiste joue l’économie : 1 000 euros pour la location du Théâtre Lino Ventura, une salle dans un hôtel, et le reste dans des salles municipales mises à disposition à titre gracieux par la ville de Nice.

Philippe Vardon consacre 95 % de son enveloppe à imprimer le matériel de campagne. Il prévoit de distribuer 150.000 tracts et un journal de campagne de quatre pages tiré à 50.000 exemplaires.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter