Musulin-Kerviel : même combat ?

FRANCE
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ICONES - Patricia Chapelotte, spécialiste de la communication de crise, a conseillé Jérôme Kerviel et Loomis, la société de transport de fonds, ancien employeur de Toni Musulin. La presse et les réseaux sociaux ont souvent établi un parallèle entre les deux hommes. Leur démarche n'a pourtant rien de comparable, à ses yeux.

Ils sont tous les deux lyonnais et célèbres pour avoir tenté de s'attaquer aux banques. L'ex-trader de la Société générale, jugé responsable de la perte de 4,9 milliards d'euros, et le convoyeur de fonds parti au volant d'un camion plein de petites coupures d'une valeur de 11,5 millions d'euros ont tous les deux suscité une sympathie dans l'opinion.

Leurs stratégies de communication ont des ressemblances frappantes. Le parallèle entre les deux hommes a souvent été fait dans la presse et les réseaux sociaux. Des tee-shirts à l'effigie de Jérôme Kerviel et Toni Musulin se sont arrachés pendant les mois qui ont suivi la révélation de leur méfaits. Des milliers d'internautes ont mis une mention "j'aime"sur les pages Facebook créées pour les soutenir. Et chacun, à sa manière, a revendiqué de lutter contre les banques et les dérives de la finance. 

Un Robin des bois moderne

Pourtant, les deux hommes n'ont "rien à voir", s'insurge Patricia Chapelotte, qui a géré les images de l'ex-trader et de Loomis. "Toni Musulin a été condamné pour avoir volé de l'argent, alors que Jérôme Kerviel a été condamné pour avoir fraudé en accumulant des positions informatiques dangereuses. Il ne s'est pas enrichi, il n'a pas touché un centime", précise la spécialiste de la communication.

Refusant de les mettre dans le même panier, elle insiste sur le fait que "l'ancien convoyeur a été comparé à un Robin des bois des temps modernes, alors qu'une partie de l'argent (NDLR : 2,5 millions d'euros) est toujours introuvable, tandis que l'ancien trader est devenu une icône de la résistance à la grande finance et le symbole de la crise financière qui a éclaté en 2008."

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