Mutinerie à la prison de Bourg-en-Bresse : le ras-le-bol des surveillants

FRANCE

COUP DE GUEULE - Mardi matin, quatorze détenus se sont rebellés et ont mis à sac une salle d’activité, blessant un surveillant. Les Equipes régionales d'intervention et de sécurité (Eris) ont dû intervenir. Certains détenus ayant pris part à la mutinerie ont été incarcérés dans d’autres établissements pénitentiaires de la région, tandis que d'autres ont été placés en quartier disciplinaire. Le syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS) tire la sonnette d'alarme.

Ils en ont plus qu'assez. Ce mardi matin, quatorze détenus du centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse ont lancé un début d'émeute alors qu'une fouille de leurs cellules venait d'être ordonnée. Retranchés dans une salle d'activité qu'ils ont mise à sac, les détenus ont finalement été maîtrisés après l'intervention d'une équipe régionale d'intervention et de sécurité (ERIS).Un surveillant a tout de même été blessé.

Six des détenus impliqués ont été transférés dans un autre établissement, tandis que les autres ont été mis au quartier disciplinaire. Dans un communiqué, Matthieu Perez, secrétaire régional du syndicat pénitentiaire des surveillants (SPS) , dénonce "le manque de moyens qu'ils soient matériels, humains ou coercitifs" dont dispose la profession.

"Zones de non-droits"

"Les détenus ne sont pas dupes et ont bien conscience que le manque d'effectifs de surveillants est propice à une escalade des violences", regrette-t-il, estimant que "l'ensemble des établissements pénitentiaires de la Direction Interrégionale Lyon-Auvergne souffrent d'une carence importante en matière d'effectifs." Selon lui, il manquerait entre vingt et trente surveillants dans chaque établissement.

Le SPS demande donc "un apport d'effectifs de surveillants", "l'abrogation de l'article 57 de la loi pénitentiaire de 2009 (sur l'interdiction des fouilles systématiques à l'issue des parloirs familles)" ainsi que "des sanctions exemplaires pour l'ensemble des auteurs de la mutinerie." Pour Matthieu Perez, "il est enfin temps que l'administration pénitentiaire se saisisse du dossier et que des moyens soient alloués aux établissements enfin d'endiguer la montée des violences et de reprendre le pas sur ces prisons devenues aujourd'hui des zones de non-droits."
 

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