Mutinerie à la prison de Sequedin : "C'est une véritable poudrière"

Mutinerie à la prison de Sequedin : "C'est une véritable poudrière"

France
DirectLCI
PRISON - Une soixantaine de détenus ont été contraints par la force, lundi soir, de regagner leurs cellules. Ils réclamaient la vente de produits moins chers et plus souvent certifiés halal. Pour les syndicats, il s'agit de prétextes pour s'opposer à l'administration pénitentiaire.

"Tout est prétexte pour créer de la tension". Délégué du syndicat FO Pénitentiaire Lille, Frédéric Bogaert n'a pas été surpris par la mutinerie qui s'est déroulée ce lundi à la maison d'arrêt de Sequedin, près de Lille. Vers 22h30, une soixantaine de détenus ont été forcés de regagner leur cellule sans négociation. Leurs revendications : la baisse du prix des "cantines" (ces boutiques internes aux prisons, ndlr) et l'accès à plus de produits halal.

"Ces requêtes sont ridicules, réagit auprès de metronews Frédéric Bogaert. D'une part, la société privée qui vend les produits a pour consigne que ses prix ne dépassent jamais ceux des supermarchés alentours. D'ailleurs, certains produits sont même moins chers qu'à l'extérieur. D'autre part, des menus halal sont déjà servis aux détenus. Ils réclamaient en réalité davantage de produits certifiés dans les "cantines". 

Des prétextes pour s'opposer

Selon le syndicaliste, la "religion musulmane" est parfois utilisée pour "s'opposer à l'administration" : "De nombreux détenus se découvrent croyants en arrivant en prison, ajoute Frédéric Bogaert. Certains d'entre eux veulent en profiter pour bénéficier de libertés supplémentaires et générer des tensions. Mais c'est un sujet polémique, dont personne ne veut parler".

Les meneurs vont passer prochainement en conseil de discipline. En attendant, une partie a été transférée vers d'autres établissements pénitentiaires. D'autres ont été placés à l'isolement. "Depuis l’évasion de Redoine Faïd en avril 2013, la prison de Sequedin est une poudrière, dénonce Frédéric Bogaert. Depuis des mois, nous réclamons des États généraux avec la ministre de la Justice, qui n'apporte pas de réponses pénales à la hauteur de la situation".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter