Nantes : "des boites à donner" pour échanger les objets délaissés

FRANCE
INITIATIVE – Deux associations s’unissent autour d’un projet commun, les Givebox. L’idée : installer dans les rues de la ville des boîtes, où chacun peut venir déposer ou prendre des objets dont il ne se sert plus.

Des boîtes qui ressemblent à des armoires. Colorées, customisées, ou en bois brut, elles sont installées dans un coin de rue, un square, ou un bord de trottoir. A l’intérieur, chacun peut y déposer des objets dont il n’a plus l’utilité. Et au passage, y piocher ce dont il a besoin : vaisselle, appareils ménagers, graines, livres… Ce sont des Givebox, littéralement Boîtes à donner. Et elles arrivent à Nantes.

"Ce n’est pas une poubelle ou une déchetterie", précise Gaëlle le Rezollier, de l’association monEcocity. "L’idée est de créer une boutique de dons." Une solution pour éviter le gaspillage, mais aussi créer des points de rencontre entre les habitants d’un quartier. Le tout gratuitement : "Aujourd’hui, le covoiturage ou la location de vêtements fonctionnent très bien", constate Gaëlle. "Nous voulons démontrer que l’économie collaborative n’est pas que marchande."

Un projet pilote

Les premières Givebox sont apparues à Berlin. Puis elles ont essaimé en Belgique, à Genève, ou encore au Canada. En France, quelques-unes ont été mises en place à Paris, au Havre ou à Lille… et bientôt dans la cité des ducs. Deux associations, monEcocity, qui promeut la consommation collaborative, et la Nizanerie, qui développe des installations pour se réapproprier l’espace public, se sont unies autour de ce projet. "Il y a une vraie demande : les gens ont envie de se réinvestir dans l’espace public, de connaître leurs voisins. Mais il y avait besoin d’une impulsion", indique Amélie Allioux, présidente de l'association de la Nizanerie.

Le collectif des Boites utiles a ainsi été créé en début d’année. Il rassemble pour l’instant une trentaine d’habitants intéressés, venus de tous quartiers. Et planche sur un projet pilote. Car tout doit être bien réfléchi : quelle taille de boîte ? Où la poser ? Pour quel type d’objet ? Une fois posée, qui nettoiera ? Qui sera en relation avec les services techniques de la ville ? "Il faut impliquer les habitants et les commerces de quartier", indique Amélie. Une manière d’éviter d’éventuelles dégradations, mais aussi de créer un lieu de rencontre… La première Boîte utile sera inaugurée à Nantes rue de la Nizanerie le 22 novembre prochain.

Et servira d’exemple et de test. "Le concept plait déjà : une association de Nantes nord a déjà contacté le collectif, Brest et Bordeaux se montrent intéressés… Pas de panique : les Boîtes utiles vont éditer un guide, début 2015, indiquant la marche à suivre, et adaptable.

> Retrouver les boîtes utiles sur le blog lesboitesutiles.tumblr.com ou Facebook sur facebook.com/groups/784528331589764/

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